🇰🇿 Crash au Kazakhstan : le président azerbaïdjanais dit que l’avion a essuyé «des tirs» provenant du territoire russe, les boîtes noires envoyées au Brésil
Depuis mercredi, jour du crash de cet avion au Kazakhstan, les soupçons se précisent autour d’un tir de la défense antiaérienne russe.
Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a annoncé ce dimanche 29 décembre que l’avion de la compagnie nationale qui s’est écrasé cette semaine faisant 38 morts avait essuyé «des tirs» provenant du territoire russe, et a accusé Moscou d’avoir voulu camoufler sa responsabilité.
Depuis mercredi, jour du crash de cet avion au Kazakhstan après avoir échoué à atterrir à Grozny dans le sud de la Russie, les soupçons se précisent autour d’un tir de la défense antiaérienne russe.
Les boîtes noires seront envoyées au Brésil pour l’enquête
Les boîtes noires de l’avion d’Azerbaijan Airlines qui s’est écrasé mercredi au Kazakhstan seront envoyées au Brésil pour l’enquête ont annoncé dimanche les autorités kazakhes.
«La Commission d’enquĂŞte sur l’accident (…) a dĂ©cidĂ© d’envoyer les enregistreurs de vol (boĂ®tes noires) au Centre d’enquĂŞte et de prĂ©vention des accidents aĂ©ronautiques (CENIPA) du BrĂ©sil, qui est Ă©galement le pays du constructeur de l’avion Embraer», a indiquĂ© le ministère kazakh des Transports dans un communiquĂ©.
Poutine s’excuse, mais n’admet pas
Le président russe Vladimir Poutine a, selon un communiqué du Kremlin, présenté des excuses à Ilham Aliev samedi pour l’incident, reconnu des tirs mais n’a pas admis que l’avion avait été frappé par erreur par l’armée russe. Il a également affirmé que la zone était alors sous l’attaque de drones ukrainiens.
Le président azerbaïdjanais a lui publiquement pointé la «culpabilité» de la Russie, lors d’un entretien à la télévision nationale, tout en relevant que l’«avion a été touché par accident».
L’appareil a «été rendu incontrôlable par des moyens militaires de brouillage électroniques» dans le ciel de Grozny et «sa queue a été également gravement endommagée» par des tirs depuis le sol russe, a-t-il dit à la télévision, selon l’agence d’État Azertag.
«Théories absurdes de la part de la Russie»
«Malheureusement, pendant les trois premiers jours, nous n’avons entendu que des thĂ©ories absurdes de la part de la Russie», a-t-il accusĂ©. Ilham Aliev a estimĂ© que les diverses versions des faits avancĂ©es en Russie — choc avec des oiseaux, explosion d’un ballon de gaz dans l’avion — «montrent clairement que la partie russe voulait Ă©touffer l’affaire».
«Admettre (sa) culpabilité, présenter des excuses en temps utile à l’Azerbaïdjan, qui est considéré comme un pays ami, et informer le public à ce sujet, voilà autant de mesures et d’étapes qui auraient dû être prises», a-t-il dit. «Après l’examen des enregistreurs de vol et l’obtention d’informations plus détaillées, un tableau complet de ce qui s’est passé sera rendu public», a encore insisté Ilham Aliev.
Sanction des responsables
Selon lui, Bakou a adressé trois revendications dès le 27 décembre : des excuses, une reconnaissance de culpabilité et la sanction des responsables. «La première a été entendue samedi (avec les excuses de M. Poutine, ndlr). J’espère que les autres conditions seront acceptées aussi», a-t-il insisté.
Mercredi, l’avion Embraer 190 de la compagnie azerbaïdjanaise Azerbaijan Airlines s’est écrasé près d’Aktaou dans l’ouest du Kazakhstan, sur la rive orientale de la mer Caspienne, alors que l’avion devait relier Bakou à Grozny, deux villes situées sur la rive opposée. Selon les agences de presse russes, Ilham Aliev et Vladimir Poutine se sont parlé dimanche.
Le Figaro