🇮🇱 En Israël, des jeunes refusent l’armée par conscience : « Je ne veux pas tuer d’enfants »

Alors que les frappes israéliennes reprennent à Gaza, un phénomène rare secoue la société israélienne. Des adolescents préfèrent la prison au service militaire, affirmant ne pas vouloir participer à ce qu’ils qualifient d’oppression du peuple palestinien. Leur choix, aussi minoritaire soit-il, révèle des fissures grandissantes dans l’unité nationale israélienne.
Un choix qui isole
Ces jeunes, surnommés « refuzniks », paient cher leur décision. L’un d’eux raconte avoir reçu des menaces de mort sur Instagram, comparant son sort à celui des victimes du Hamas. En prison, certains doivent être placés à l’isolement pour leur propre sécurité, menacés par leurs codétenus. Leur crime ? Avoir refusé de porter l’uniforme de l’armée israélienne, institution sacrée dans le pays.
Une décision mûrement réfléchie
« Ce n’est pas un acte impulsif », explique l’un de ces objecteurs de conscience à CNN. « Plus j’apprenais sur la situation, plus je réalisais que je ne pouvais pas participer à cela. » Pour ces jeunes, l’armée israélienne symbolise l’oppression des Palestiniens. Un point de vue radical qui les met en marge de la société, y compris au sein de leur propre famille. Certains se font traiter de traîtres ou d’antisémites, même par leurs proches.
Le poids du contexte politique
Cette vague de refus survient dans un climat politique particulièrement tendu. Benjamin Netanyahu fait face à des critiques croissantes pour sa gestion de la guerre à Gaza, où selon les autorités palestiniennes plus de 50.000 personnes ont péri en 17 mois. Les manifestations se multiplient à Tel-Aviv, bien que la plupart des protestataires se concentrent sur la libération des otages plutôt que sur une remise en question globale de l’action militaire.
Un espoir de changement
Malgré leur isolement, ces jeunes objecteurs nourrissent l’espoir que leur geste fera réfléchir leurs concitoyens. « Si je m’engageais, je ferais partie du problème », confie l’un d’eux. « Je veux croire qu’il existe d’autres solutions. » Leur combat, bien que marginal, pose des questions dérangeantes sur le rôle de l’armée dans la société israélienne et sur la possibilité d’une paix future.
Un mouvement à suivre
Avec seulement une douzaine de cas recensés depuis le début de la guerre, ce phénomène reste limité. Mais sa symbolique est forte dans un pays où le service militaire est considéré comme un devoir national sacré. Alors que le conflit s’enlise, ces voix discordantes, aussi faibles soient-elles, pourraient annoncer des changements plus profonds dans la société israélienne.