🇨🇩 RDC : Le retrait angolais plonge la médiation régionale dans l’incertitude

🇨🇩 RDC : Le retrait angolais plonge la médiation régionale dans l’incertitude

Dans un coup de théâtre diplomatique, l’Angola a officiellement annoncé lundi son retrait du processus de médiation dans le conflit qui oppose la RDC au Rwanda, mettant fin à deux ans d’efforts infructueux. Cette décision intervient alors que Luanda assume désormais la présidence tournante de l’Union africaine (UA), une charge jugée incompatible avec son rôle de médiateur.

Un échec aux multiples facettes

Le président Joao Lourenço quitte la scène médiatrice après une série d’échecs retentissants :

  • Six cessez-le-feu violés depuis 2021
  • L’échec des pourparlers directs avec le M23 le 18 mars
  • L’impossibilité de maintenir un dialogue continu entre Kinshasa et Kigali

Pourtant, le même jour que ce fiasco diplomatique, le Qatar réussissait l’exploit de réunir secrètement Félix Tshisekedi et Paul Kagame, aboutissant à une déclaration commune engageant les parties à un « cessez-le-feu immédiat et inconditionnel ».

La difficile relève

L’UA se trouve désormais face à un défi majeur :

  • Trouver un nouveau médiateur acceptable par les deux parties
  • Maintenir l’implication des organisations régionales (SADC et EAC)
  • Préserver les rares avancées obtenues

« L’Angola a déployé des efforts considérables, mais la complexité du dossier exige un nouveau souffle », explique un diplomate africain sous couvert d’anonymat.

Les défis du successeur

Le futur médiateur devra composer avec :

  1. La méfiance historique entre RDC et Rwanda
  2. La multiplication des groupes armés dans l’Est congolais
  3. Les intérêts économiques et géostratégiques sous-jacents
  4. L’implication croissante de puissances extrarégionales

Une région au bord de l’explosion

Alors que les combats se poursuivent dans le Nord-Kivu, la communauté internationale s’interroge : qui pourra reprendre le flambeau de la médiation ? Les regards se tournent vers les capitales africaines, alors que les civils congolais paient le prix fort de cette impasse diplomatique.

Ce retrait angolais marque un tournant critique dans une crise régionale qui, loin de s’apaiser, semble entrer dans une nouvelle phase d’incertitude, avec le risque accru d’une escalade militaire aux portes de l’Afrique des Grands Lacs.