🇸🇳 Aminata Touré détaille la nouvelle orientation souverainiste du Sénégal

🇸🇳 Aminata Touré détaille la nouvelle orientation souverainiste du Sénégal

Un an après l’élection du président Bassirou Diomaye Faye, la haute représentante du chef de l’État, Aminata Touré, a accordé un entretien à RT en français, où elle expose la nouvelle feuille de route souverainiste du Sénégal. De l’abandon programmé du franc CFA au retrait des troupes françaises, en passant par la renégociation des accords économiques, elle insiste sur une rupture assumée avec le passé.

Vers la fin du franc CFA et l’adoption de l’éco

Le Sénégal actera bientôt sa sortie de la zone franc pour rejoindre la future monnaie unique ouest-africaine : l’éco. « Le franc CFA appartiendra bientôt à l’histoire ancienne, car il ne correspond plus aux ambitions de nos économies », a déclaré Aminata Touré, soulignant que la Cédéao travaille activement à la mise en place de cette nouvelle monnaie.

Un départ programmé des troupes françaises

Sur le plan militaire, le retrait des forces françaises d’ici septembre 2025 s’inscrit dans cette dynamique de souveraineté. « Nous revenons simplement à la normale. Peu de nations accueillent des troupes étrangères sur leur sol », a-t-elle affirmé. Cette transition sera mise en avant lors des célébrations du 4 avril, placées sous le signe de la souveraineté militaire.

Une diplomatie plus offensive et diversifiée

Le Sénégal a annulé son accord de pêche avec l’Union européenne, dénonçant un partenariat inégalitaire. Dans cette logique, le pays diversifie ses alliances économiques et stratégiques, notamment en se rapprochant des BRICS. « L’Inde était un pays pauvre il y a 40 ans, aujourd’hui, c’est une puissance mondiale. Cela prouve qu’il n’est pas nécessaire d’attendre des siècles pour éradiquer la pauvreté », a-t-elle argumenté.

Une décolonisation toujours en cours

Pour Aminata Touré, la rupture avec les pratiques héritées de la colonisation est essentielle : « Pendant que l’Occident menait sa révolution industrielle, nous luttions pour exister. » Le Sénégal souhaite revoir les anciens contrats et exiger plus de transparence dans les accords économiques.

Enfin, elle a plaidé pour une réforme de l’ONU, soulignant l’injustice d’un Conseil de sécurité sans représentation permanente africaine. « Les Africains doivent s’organiser pour choisir qui occupera ce siège. »

Avec cette feuille de route, le Sénégal affirme plus que jamais son ambition d’émancipation et de repositionnement stratégique sur l’échiquier international.