⚕️ Pourquoi tant de personnes tombent-elles malades en ce moment?

⚕️ Pourquoi tant de personnes tombent-elles malades en ce moment?

Les services de pédiatrie hospitalière ne cessent de se remplir depuis plusieurs semaines. Parallèlement, de nombreux adultes souffrent de maux de gorge, de toux et ont le nez qui coule. Pourquoi tant de personnes tombent-elles malades en ce moment? La pandémie de coronavirus a-t-elle affaibli nos défenses immunitaires? Ou bien y a-t-il une autre explication? Éléments de réponse avec Bart Lambrecht, pneumologue à l’UZ Gent et directeur des maladies inflammatoires à l’Institut flamand de recherche en biotechnologie (VIB), interrogé par Het Laatste Nieuws.

Les infections telles que la bronchiolite, la grippe et la pneumonie envoient de plus en plus d’enfants à l’hôpital. Ont-ils moins de résistance qu’avant la pandémie de Covid-19?

Le professeur Lambrecht: “Ce que nous observons actuellement – surtout dans le cas de la bronchiolite – ce sont des infections retardées. De nombreuses personnes qui auraient normalement été infectées au cours de la saison précédente ne l’ont pas été. Ces virus rattrapent en quelque sorte leur retard.”

“Une infection par le VRS (le virus respiratoire syncytial, qui cause généralement la bronchiolite, NDLR) provient toujours d’autres enfants. Mais la plupart des bébés nés en 2020 ne l’ont pas eu au cours de leur première année de vie. Les masques et la distanciation sociale en sont évidemment la cause. Ces enfants ont désormais 2 ans et sont infectés par le VRS. Pour eux, ce n’est pas si grave que cela, mais s’ils transmettent le virus à leurs frères et sœurs nouveau-nés, ça l’est davantage. En effet, la bronchiolite est dangereuse pour les nourrissons. Ce sont eux qui se peuvent se retrouver à l’hôpital.

Donc, selon vous, nos défenses immunitaires ne sont pas sorties affaiblies de la pandémie de coronavirus?

“C’est exact. En tant qu’immunologue, je vous confirme qu’une année est trop courte pour avoir un réel impact sur notre résistance aux infections. Par contre, si nous avions maintenu les mesures sanitaires pendant cinq ans, cela aurait été le cas. “

Pourtant, nombreux sont ceux qui ont l’impression que les rhumes circulent davantage et que les nez coulent bien plus que durant la pandémie. Comment l’expliquer?

“Comme nous portions des masques, les infections respiratoires avaient moins de chances de se propager. Même le rhinovirus, qui provoque le rhume classique, ne circulait pas autant. D’ailleurs, des études menées sur des asthmatiques l’ont bien démontré. Normalement, leur maladie s’aggrave une ou deux fois par an, et c’est généralement le rhinovirus qui en est responsable. Or, on a constaté durant la pandémie qu’il y a eu beaucoup moins d’asthmatiques chez qui la maladie s’est aggravée. Ici aussi, le virus essaie de rattraper son retard.”

Le VRS, qui “rattrape” actuellement les enfants, peut-il être dangereux pour les adultes?

“Le VRS est un virus qui peut se réinfecter tous les deux ou trois ans. Notre résistance contre lui est en effet de courte durée. Il n’est pas dangereux pour les jeunes adultes et les adultes, mais il l’est pour les personnes âgées. Il peut également causer des problèmes chez les personnes atteintes de bronchopneumopathie chronique obstructive ou BPCO (également appelée poumon du fumeur, NDLR).”

Doit-on s’attendre à une épidémie de grippe plus virulente que les années précédentes?

“Il est impossible de prévoir l’ampleur de l’épidémie de grippe saisonnière. La théorie du “rattrapage” ne s’applique pas ici car il s’agit d’un virus qui mute chaque année. Puisque nous ne savons pas à quoi il ressemblera, il n’y a aucun moyen de déterminer à l’avance l’ampleur de l’épidémie. Le vaccin administré en novembre est donc basé sur une prédiction. Mais il est toujours possible que le virus de la grippe soit plus malin que les épidémiologistes et qu’il soit différent de ce qui était prévu.”

Comment s’assurer de ne pas être infecté par l’un de ces virus en phase de rattrapage et de ne pas infecter les autres, alors que les fêtes de fin d’année approchent?

“Si vous êtes enrhumé, portez un masque lorsque vous rendez visite à d’autres personnes ou que vous recevez des gens. Ou ne les voyez tout simplement pas. Par ailleurs, il est toujours recommandé de porter un masque en présence d’une personne fragile. Comme répété maintes fois lors de la pandémie: portez un masque pour protéger les autres, par précaution. Personnellement, je pense que porter un masque devrait devenir la norme en hiver, comme c’est déjà le cas en Asie, par exemple.”

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