Une retraitée vaudoise a été escroquée de près de 100 000 francs suisses (environ 107 000 euros) par un fraudeur se faisant passer pour l’acteur américain Brad Pitt, dans une arnaque sentimentale qui a duré près d’un an à partir de mai 2024. Cette affaire, révélée dans l’émission Mise au Point de la RTS diffusée le 24 novembre 2025, fait écho à celle d’Anne, une Française de 53 ans qui avait perdu plus de 800 000 euros dans une supercherie similaire, témoignée dans Sept à Huit en janvier 2025. Les escrocs, souvent appelés « brouteurs » et basés au Nigeria, exploitent les vulnérabilités émotionnelles pour soutirer des sommes importantes, avec un préjudice total de 2,4 millions de francs suisses enregistré au canton de Vaud en 2025.
Une romance en ligne qui tourne au cauchemar financier
Tout commence en mai 2024 sur Instagram : abonnée à la page officielle de Brad Pitt, la retraitée – prénommée Patricia pour préserver son anonymat – est contactée par une femme se présentant comme la manageuse de l’acteur. Celle-ci lui demande si elle souhaite un échange avec la star, ce qu’elle accepte par curiosité. Des messages doux et progressifs s’enchaînent : « On a commencé à communiquer normalement comme deux personnes qui se rencontrent, en douceur », raconte Patricia. Après des semaines, le faux Pitt lui avoue son amour : « Mon amour, tu es mon tout maintenant et pour toujours. » Persuadée d’une idylle réelle, elle se laisse « glisser dans ce sentiment amoureux ».
Le piège financier : virements pour une rencontre fantôme
Le faux Pitt évoque une rencontre, mais son « management » exige 50 000 dollars (43 000 euros) de « frais ». Patricia refuse d’abord, puis cède : « Je me dis : ‘Peut-être que c’est leur façon de faire…’ » Suivent des virements pour « frais médicaux » et « déplacement » : 10 000 dollars (8 600 euros) à deux reprises. Convaincue, elle vole vers Los Angeles pour le rejoindre, attendant trois semaines en vain dans un hôtel, versant 20 000 dollars supplémentaires. Le faux Pitt justifie l’absence par une « amende » pour « tentative d’approche non autorisée ».
Le déclic : le témoignage d’Anne et la plainte
De retour en Suisse, Patricia tombe sur l’histoire d’Anne, une Française escroquée de 830 000 euros par un faux Brad Pitt (témoignage Sept à Huit, janvier 2025). Les similitudes – manageuse sur Instagram, virements pour rencontre, attente à Los Angeles – la troublent. Le déclic : « Lorsque je suis arrivée à la police et que j’ai dit ‘Je crois que je me suis fait arnaquer’, je n’arrivais même pas à prononcer le nom de Brad Pitt. L’agente me demande si le montant est important. Je dis oui, il représente presque 100 000 francs. » Elle décrit une « honte indescriptible » : « Je sais que j’ai passé presque une année à vivre une relation qui n’existait pas. On se dit : ‘Mais comment j’ai fait pour avoir été abusée pareillement ?’ »
Un fléau croissant : des brouteurs au Nigeria visent les cœurs solitaires
Ces arnaques sentimentales, souvent orchestrées par des « brouteurs » nigérians, ont augmenté de 30 % en Europe en 2025, selon Europol, touchant principalement les seniors isolés (60 % des victimes). Au Vaud, 50 plaintes similaires ont été enregistrées en 2025, pour un préjudice de 2,4 millions de francs. Patricia a engagé un détective privé pour traquer les escrocs au Nigeria, mais le remboursement semble improbable. Europol appelle à une vigilance accrue sur les réseaux sociaux, où ces fraudes exploitent la solitude post-pandémie.




