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Sénégal

Assemblée nationale : Ousmane Sonko défend la neutralité de l’exécutif face aux lenteurs judiciaires sur la reddition des comptes

28/11/2025 3 min de lecture
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Le Premier ministre Ousmane Sonko a été interpellé vendredi 28 novembre 2025 à l’Assemblée nationale sur la lenteur perçue dans le traitement des dossiers de reddition des comptes, un enjeu central de la promesse de transparence du gouvernement Faye-Sonko. Face aux députés, il a levé toute ambiguïté : l’exécutif n’intervient pas dans les enquêtes ou décisions judiciaires, rappelant que la séparation des pouvoirs est un principe intangible. « Je ne sais pas pourquoi les dossiers sont lents. L’exécutif ne se mêle pas de la justice », a-t-il déclaré d’entrée, tout en réaffirmant l’obligation de l’État de garantir un bon fonctionnement de la justice.

Une position ferme sur la séparation des pouvoirs

Sonko a insisté sur le fait que « la séparation des pouvoirs n’est pas une simple clause institutionnelle, mais un principe intangible de notre gouvernement ». Il a toutefois précisé que l’État a un devoir constitutionnel : veiller au bon fonctionnement du service public de la justice. « Nous avons l’obligation de veiller au bon fonctionnement du service public de la justice. Nous nous y attelons chaque jour », a-t-il ajouté, évoquant des réformes en cours comme la numérisation des procédures et le renforcement des effectifs judiciaires (budget 2026 en hausse de 15 %).

Cette réponse intervient alors qu’une partie de l’opinion et plusieurs députés, y compris au sein de la majorité Pastef, exigent une accélération des dossiers emblématiques hérités de l’ancien régime : les marchés publics opaques, les fonds Covid-19 et les contrats énergétiques. Des affaires comme celle de Moustapha Diop (ex-ministre, en instruction depuis mai 2025) ou les irrégularités au Radisson Diamniadio illustrent ces attentes citoyennes.

Un équilibre délicat entre transparence et indépendance judiciaire

En défendant la neutralité de l’exécutif tout en réaffirmant son engagement pour une justice efficace, Sonko trace les contours d’une gouvernance ferme sur les principes et soucieuse des attentes. Cette position, au cœur d’un contexte politique sous tension post-électoral, vise à rassurer sans franchir la ligne de l’ingérence. Le ministre de la Justice, Yassine Fall, a complété en évoquant des outils comme le parquet spécialisé anticorruption, opérationnel depuis juillet 2025, pour accélérer les enquêtes sans compromettre l’indépendance.

Perspectives : une accélération attendue sans pression politique

Cette séance, la troisième depuis avril 2025, pourrait marquer un tournant si des réformes concrètes (comme la loi sur les lanceurs d’alerte, en examen) sont annoncées. L’opposition, bien que boycottant souvent ces échanges, a salué la fermeté de Sonko sur la non-ingérence, tout en appelant à plus de résultats tangibles d’ici 2026. Le gouvernement, via le Plan de redressement économique, prévoit 50 milliards FCFA pour la justice en 2026, pour réduire les délais de traitement de 18 à 12 mois en moyenne.

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