L’enquête sur le réseau de monétisation de contenus intimes lié à « Kocc Barma » (El Hadji Babacar Dioum) progresse avec l’inculpation d’un nouveau suspect. E. D. Seck, « correspondant » présumé de Kocc Barma, a été placé sous contrôle judiciaire vendredi. Son audition a permis de révéler les rouages d’un système sophistiqué de chantage et d’extorsion qui a opéré pendant plus d’une décennie.
L’interpellation d’E. D. Seck s’inscrit dans le cadre de la délégation judiciaire émise par le doyen des juges. Selon les enquêteurs, Seck avait transmis à l’adresse électronique de « seneporno » la sextape compromettante de son ex-petite amie.
Le processus d’extorsion et la rançon
Les échanges entre Seck et Kocc Barma ont révélé les conditions strictes de monétisation :
- Ciblage : « Kocc Barma » ne s’intéressait qu’aux vidéos où l’on pouvait « reconnaître qu’il s’agit bien de Sénégalaises », afin de faciliter le chantage. L’un des dossiers d’archives était d’ailleurs baptisé « seneg » et contenait 1 115 fichiers.
- Faux prétexte : Les victimes étaient contactées via WhatsApp ou Telegram par Kocc lui-même, utilisant l’excuse cynique : « J’ai ramassé un téléphone et il y a tes vidéos nues ».
- Preuve de paiement : Les dossiers des victimes rançonnées qui s’acquittaient de la somme portaient la mention « Paid not to publish » (Payé pour ne pas publier), accompagnés de leurs noms, numéros de téléphone et des menaces de publication.
Le suspect E. D. Seck est mis en cause pour avoir volontairement transmis le contenu intime de son ex-compagne, bien qu’il ait retiré le son pour ne pas la mettre en danger, un point que Kocc Barma avait jugé non intéressant pour son trafic.




