Onze bĂ©bĂ©s ont pĂ©ri, mercredi 25 avril, dans un incendie dĂ©clenchĂ© Ă l’hĂŽpital public de Tivaouane, dans lâouest du SĂ©nĂ©gal. Ce drame intervient un mois jour pour jour aprĂšs la mort de quatre nouveau-nĂ©s dans les flammes d’une maternitĂ© dans le nord du pays.
C’est un nouveau drame dans un hĂŽpital sĂ©nĂ©galais. Onze bĂ©bĂ©s ont pĂ©ri mercredi 25 mai 2022 dans un incendie dans un hĂŽpital Ă Tivaouane, dans lâouest du SĂ©nĂ©gal, un drame qui remet en lumiĂšre les graves carences du systĂšme sanitaire public de ce pays pauvre.
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«âJe viens dâapprendre avec douleur et consternation le dĂ©cĂšs de 11 nouveau-nĂ©s dans lâincendie survenu au service de nĂ©onatalogie de lâhĂŽpitalâ» public de Tivaouane, a tweetĂ© le prĂ©sident sĂ©nĂ©galais Macky Sall.
«âTrois bĂ©bĂ©s ont Ă©tĂ© sauvĂ©sâ», a prĂ©cisĂ© le maire de Tivaouane, Demba Diop. Lâincendie a Ă©tĂ© causĂ© par «âun court-circuit et le feu sâest propagĂ© trĂšs viteâ», a dĂ©clarĂ© Demba Diop, qui est Ă©galement dĂ©putĂ© et plus connu sous le nom de Diop Sy.
Une femme enceinte de neuf mois morte pour négligence
Début avril, un autre drame survenu dans un hÎpital public avait déjà bouleversé le Sénégal.
La presse avait rapportĂ© quâAstou Sokhna, une femme dâune trentaine dâannĂ©es enceinte de neuf mois, Ă©tait morte le 1er avril Ă lâhĂŽpital public de Louga (nord) aprĂšs avoir attendu dans de trĂšs grandes souffrances pendant une vingtaine dâheures la cĂ©sarienne quâelle rĂ©clamait.
Le personnel aurait arguĂ© que son opĂ©ration nâĂ©tait pas prĂ©vue et aurait menacĂ© de la chasser si elle insistait. Ce dĂ©cĂšs avait suscitĂ© sur les rĂ©seaux sociaux une vague dâindignation contre les carences du systĂšme de santĂ© publique.
Face au tollé provoqué par la mort de Mme Sokhna, le président Sall avait donné pour instruction de chercher les responsabilités.
Le ministre de la SantĂ©, Abdoulaye Diouf Sarr, avait reconnu le 14 avril que la mort de Mme Sokhna aurait pu ĂȘtre Ă©vitĂ©e. Le directeur de lâhĂŽpital a Ă©tĂ© rĂ©voquĂ© et remplacĂ©.
Trois sages-femmes qui Ă©taient de garde la nuit du drame ont Ă©tĂ© condamnĂ©es le 11 mai Ă six mois de prison avec sursis pour «ânon-assistance Ă personne en dangerâ» par le tribunal de grande instance de Louga. Trois autres sages-femmes, de garde pendant la journĂ©e, ont Ă©tĂ© relaxĂ©es, selon un avocat de la dĂ©fense.
«âSituation douloureuseâ»
« Cette situation est trĂšs regrettable et extrĂȘmement douloureuse. LâenquĂȘte est en cours pour voir ce qui sâest passé⻠à lâhĂŽpital de Tivaouane, a dĂ©clarĂ© mercredi le ministre de la SantĂ© Abdoulaye Diouf Sarr, sur la radio RFM.
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M. Sarr, en voyage Ă GenĂšve oĂč il assistait Ă une rĂ©union de lâOrganisation mondiale de la santĂ© (OMS), a annoncĂ© quâil rentrait au SĂ©nĂ©gal dĂšs jeudi.
Une équipe du ministÚre de la Santé, conduite par le directeur des établissements publics de santé Ousmane Dia, était en route pour Tivaouane, a-t-on appris auprÚs du ministÚre.
Le ministre de lâIntĂ©rieur Antoine FĂ©lix Abdoulaye Diome Ă©tait lui aussi attendu dans la nuit de mercredi Ă jeudi Ă Tivaouane, selon la presse locale.
Le responsable de la section sĂ©nĂ©galaise dâAmnesty, Seydi Gassama, «âexhorte le gouvernement Ă mettre en place une commission dâenquĂȘte indĂ©pendante pour situer les responsabilitĂ©s et sanctionner les coupablesâ», sur Twitter.
«âEncore des bĂ©bĂ©s brĂ»lĂ©s dans un hĂŽpital public »
Le drame est survenu Ă Tivaouane, une ville religieuse, fief de lâinfluente confrĂ©rie musulmane des Tidianes du SĂ©nĂ©gal.
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«âEncore des bĂ©bĂ©s brĂ»lĂ©s dans un hĂŽpital public. Câest inacceptable Macky Sallâ», a tweetĂ© un dĂ©putĂ© de lâopposition, Mamadou Lamine Diallo.
Quatre nouveau-nĂ©s avaient en effet dĂ©jĂ pĂ©ri le 25 avril 2021 dans un incendie Ă LinguĂšre, dans le nord du pays. Le maire et alors ministre de lâIntĂ©rieur, Aly Ngouille Ndiaye, avaient Ă©voquĂ© un dysfonctionnement Ă©lectrique dâune unitĂ© de climatisation dans la maternitĂ©, oĂč se trouvaient six bĂ©bĂ©s.
Une autre affaire dans un hÎpital public a fait scandale récemment. à Kaolack (centre), un nourrisson déclaré mort le 8 mai par une infirmiÚre puis déposé à la morgue a été retrouvé vivant par son pÚre quelques minutes aprÚs, avant de finalement décéder dans la journée, selon la presse locale.
Le parquet a requis une peine de six mois ferme contre lâinfirmiĂšre lors du procĂšs, a indiquĂ© mercredi la presse locale. La date du verdict nâa pas Ă©tĂ© prĂ©cisĂ©e.
Ouest-France




