Les dĂ©putĂ©s de lâInter-commission de lâAssemblĂ©e nationale du SĂ©nĂ©gal se rĂ©uniront ce lundi 3 mars 2025 Ă 11h00, dans la Salle Marie JosĂ©phine Diallo, pour examiner le projet de loi n°03/2025. Ce texte vise Ă autoriser le PrĂ©sident de la RĂ©publique, Bassirou Diomaye Faye, Ă ratifier une convention conclue en 2004 Ă Rabat entre le SĂ©nĂ©gal et le Maroc. Celle-ci porte sur lâassistance aux personnes dĂ©tenues et le transfĂšrement des personnes condamnĂ©es.
Un texte aux implications sensibles
Lâadoption de ce projet de loi pourrait avoir des rĂ©percussions notables, notamment en lien avec la situation de lâancien prĂ©sident Macky Sall, aujourdâhui installĂ© au Maroc. Ce dĂ©bat parlementaire survient dans un contexte marquĂ© par les rĂ©centes dĂ©clarations du porte-parole du gouvernement, Moustapha Ndjekk SarrĂ©, qui a affirmĂ©, le 28 fĂ©vrier, que lâancien chef de lâĂtat pourrait ĂȘtre amenĂ© Ă rĂ©pondre de sa gestion devant la justice sĂ©nĂ©galaise.
« InĂ©vitablement, [Macky Sall] fera face Ă la justice. Il est le premier responsable dâactes extrĂȘmement graves qui ont Ă©tĂ© posĂ©s », a-t-il dĂ©clarĂ© sur une radio locale, allant jusquâĂ qualifier lâancien prĂ©sident de « chef de gang » et soulignant que des poursuites judiciaires seraient inĂ©vitables.
Un débat politique sous tension
Ces propos ont immĂ©diatement suscitĂ© de vives rĂ©actions au sein du camp de Macky Sall. Me Oumar Youm, ancien porte-parole du gouvernement, a dĂ©noncĂ© une communication gouvernementale quâil juge indigne et irresponsable.
« Ce langage trivial, portĂ© par un porte-parole dâune manifeste mĂ©diocritĂ©, est tout simplement pathĂ©tique ! Porter la parole dâune institution aussi prestigieuse que le Gouvernement du SĂ©nĂ©gal, câest porter la parole de la RĂ©publique, notre RĂ©publique, fondĂ©e sur lâĂ©quilibre, lâesprit de mesure, lâimpartialitĂ© et la lĂ©galitĂ© », a-t-il rĂ©agi.
Au-delĂ des tensions politiques, lâexamen de ce projet de loi sâinscrit dans un cadre plus large de coopĂ©ration judiciaire entre le SĂ©nĂ©gal et le Maroc. La convention en question vise Ă faciliter lâassistance juridique mutuelle et le transfĂšrement des personnes condamnĂ©es, en renforçant la lutte contre lâimpunitĂ© et les Ă©changes dâinformations judiciaires au sein de lâUnion africaine.
Une possible judiciarisation du dossier Macky Sall ?
Si le texte venait Ă ĂȘtre ratifiĂ©, il pourrait thĂ©oriquement permettre le transfĂšrement dâanciens responsables politiques en exil, y compris lâex-prĂ©sident Macky Sall, si la justice sĂ©nĂ©galaise venait Ă le condamner.
Par ailleurs, la Haute Cour de justice du SĂ©nĂ©gal, conformĂ©ment Ă la loi organique n°2002-10 du 22 fĂ©vrier 2002, dĂ©tient la compĂ©tence de juger les anciens prĂ©sidents et ministres en cas de haute trahison. Cette disposition juridique pourrait ainsi ouvrir la voie Ă dâĂ©ventuelles poursuites contre Macky Sall, si des accusations en ce sens venaient Ă ĂȘtre retenues contre lui.
Dans lâimmĂ©diat, lâissue du vote de ce lundi pourrait donner un premier signal sur les intentions du pouvoir en place et les suites judiciaires qui pourraient ĂȘtre envisagĂ©es dans ce dossier Ă forte charge politique.





