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Santé

🇾🇳 Affaire Astou Sokhna : 1 an de prison dont 1 mois ferme requis contre 4 sages femmes

06/05/2022 4 min de lecture
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Six sages-femmes sont devant la justice depuis jeudi 5 mai Ă  Louga au SĂ©nĂ©gal dans l’affaire « Astou Sokhna », du nom de cette femme enceinte de 9 mois dĂ©cĂ©dĂ©e en couches Ă  l’hĂŽpital de Louga. Les professionnelles sont inculpĂ©es pour « non-assistance Ă  personne en danger », avec la famille de la dĂ©funte dĂ©nonçant des nĂ©gligences du personnel de la maternitĂ©. Mais pour la dĂ©fense, ces poursuites sont injustes. Le procureur a toutefois requis la relaxe pour deux des sages-femmes, et la peine d’un an de prison dont un mois ferme pour les quatre autres.

La salle d’audience Ă©tait comble pour l’ouverture de l’audience dĂšs 9h (TU), beaucoup de personnes devant rester debout pour y assister.

D’abord tour Ă  tour, les six sages-femmes, avec les cheveux entourĂ©s de foulards colorĂ©s, ont Ă©tĂ© interrogĂ©es par le prĂ©sident du tribunal et les nombreux avocats : « À quelle frĂ©quence avez-vous surveillé Astou Sokhna aprĂšs son admission Ă  la maternité ? » ; « Saviez-vous que la patiente avait des antĂ©cĂ©dents et que c’était une grossesse Ă  risque ? » ; « Saviez-vous qu’une cĂ©sarienne Ă©tait programmĂ©e le lendemain ? ». Soit des questions qui peuvent ĂȘtre rĂ©sumĂ©es par « avez-vous fait ce qu’il fallait ? »

Aucune ne reconnaĂźt la non-assistance Ă  personne en danger, elles assurent que le protocole a Ă©tĂ© respectĂ© et qu’au moment de leur visite, Astou Sokhna « n’était pas dans un Ă©tat inquiĂ©tant Â».

Du cĂŽtĂ© des parties civiles, le mari de la victime a Ă©voquĂ© l’indiffĂ©rence, voire les propos malveillants des sages-femmes Ă  l’endroit de son Ă©pouse. La mĂšre d’Astou Sokhna, quelque peu floue, mais combative, a aussi pointĂ© du doigt les sages-femmes, au sens figurĂ© comme au sens propre.

Un an de prison dont un mois ferme : le procureur a demandĂ© une application « bienveillante Â» de la loi. AprĂšs les plaidoiries de la partie civile, les avocats du mari et de la mĂšre d’Astou Sokhna, qui au contraire ont demandĂ© un jugement « pour l’exemple Â».

Astou Sokhna souffrait de douleurs terribles, puis des difficultĂ©s respiratoires et personne n’est venu la voir entre 17h et 22h. « Hippocrate n’est pas hypocrite Â», a lancĂ© l’un des avocats des plaignants en rĂ©fĂ©rence au serment des soignants pour protĂ©ger les patients.

« Les propos dĂ©gradants dans les maternitĂ©s du SĂ©nĂ©gal, ça suffit Â», a renchĂ©ri un autre avocat des parties civiles, qui a appelĂ© les sages-femmes du pays Ă  faire leur introspection « pour changer leur comportement et faire preuve d’humanisme Â».

Un systĂšme de santĂ© « malade Â»

« Injuste » pour les soutiens des prĂ©venues. « Il n’y a pas de dĂ©cĂšs Ă©vitable », a rĂ©pondu l’avocat de la dĂ©fense : « les sages-femmes ont fait tout ce qu’elles pouvaient, tout ce qu’elles devaient faire », dit-il. Astou Sokhna a Ă©tĂ© admise, elle a Ă©tĂ© examinĂ©e, le protocole a Ă©tĂ© suivi, mais les sages-femmes n’ont pas les moyens de travailler dans de bonnes conditions », poursuit l’avocat qui parle d’un systĂšme de santĂ© « malade » et qui appelle Ă  « ne pas cĂ©der Ă  la vindicte populaire ».

C’est aussi ce que se disent les reprĂ©sentants des syndicats de la santĂ©, qui se sont mobilisĂ©s aujourd’hui Ă  Louga pour marquer leur solidaritĂ© avec leurs collĂšgues. Ils insistent sur les conditions difficiles de travail des sages-femmes, qui se sont mobilisĂ©es dans le calme aux abords du Palais de justice. Ce dernier est sous haute surveillance policiĂšre.

RFI

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