La Russie redéploie une grande partie de sa défense aérienne vers des sites stratégiques autour de Moscou et de la résidence du président Vladimir Poutine à Valdaï. C’est ce qu’a affirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky, alors que des drones ukrainiens ont frappé de plus en plus profondément le territoire russe ces dernières semaines. Selon lui, ce mouvement affaiblit d’autres régions de la Russie, désormais plus vulnérables à de nouvelles attaques.
Des centaines de lanceurs concentrés autour de la capitale et de Valdaï
Zelensky a déclaré que la Russie avait concentré des « centaines de lanceurs » de missiles antiaériens autour de la capitale. « Près de 90 lanceurs ont été transférés depuis d’autres régions vers Valdaï », a-t-il précisé lors de son allocution quotidienne. Valdaï, située à environ 500 kilomètres au nord-ouest de Moscou, est connue pour abriter l’une des résidences de Vladimir Poutine. Le pont de Crimée, l’axe crucial reliant la Russie à la péninsule annexée, ferait lui aussi l’objet d’une protection renforcée.
Les affirmations de Zelensky n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante pour le moment. De son côté, la Russie n’a pas réagi officiellement à ces déclarations. Selon le quotidien britannique The Telegraph, un nouveau système de défense antiaérienne Pantsir a toutefois été installé sur une tour à proximité de la principale raffinerie de pétrole de Moscou, visée la semaine dernière par une importante attaque de drones ukrainiens. Cette raffinerie, qui produit 40 % du carburant de la capitale, se trouve à seulement 16 kilomètres du Kremlin.
D’après Zelensky, ce redéploiement de la défense aérienne montre que le Kremlin privilégie avant tout sa propre sécurité et celle de sites symboliques. « La Russie fait face à de nombreuses difficultés, et tout cela parce que Poutine refuse de mettre fin à sa guerre », a-t-il déclaré. Ces déclarations interviennent après de nouvelles frappes ukrainiennes menées par des drones à longue portée loin derrière la ligne de front. Selon Zelensky, deux raffineries de pétrole ont été touchées à Oufa, une ville russe située à quelque 1 500 kilomètres des combats. Un dépôt de carburant dans la région de Krasnodar aurait également été atteint.
Intensification de la campagne de drones et tensions en Biélorussie
L’Ukraine a considérablement intensifié sa campagne de drones ces derniers mois. Kiev cible en priorité les installations militaires, les dépôts de carburant et les infrastructures énergétiques. Selon les autorités ukrainiennes, ces attaques entraînent des pénuries de carburant et perturbent l’approvisionnement russe. Ce mois-ci, des drones ukrainiens ont également atteint Moscou et Saint-Pétersbourg, la ville natale de Vladimir Poutine.
Dans le même temps, la tension monte à la frontière nord de l’Ukraine. Zelensky a alerté que la Biélorussie construisait de nouvelles infrastructures militaires le long de la frontière, notamment des dépôts de munitions et de carburant. Le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, a réaffirmé que son pays ne souhaitait pas participer directement au conflit, tout en assurant toutefois qu’il se tiendrait « aux côtés de la Russie » si nécessaire. Face à cette situation, l’Ukraine a ordonné l’évacuation obligatoire des civils dans les zones frontalières de la région de Tchernihiv, limitrophe de la Russie et de la Biélorussie.
Soutien international et déclarations de Donald Trump
Le président américain Donald Trump s’est montré particulièrement élogieux envers Zelensky. Alors qu’il s’était montré critique par le passé à l’égard du dirigeant ukrainien, il l’a cette fois qualifié de « courageux » et a estimé que l’Ukraine « s’en sortait plutôt bien » dans cette guerre.
Zelensky a par ailleurs indiqué avoir obtenu de nouvelles promesses de soutien de la part de ses partenaires occidentaux lors du récent sommet du G7. Selon lui, cette aide militaire supplémentaire pourrait à terme contraindre la Russie à s’asseoir à la table des négociations de paix.




