Lâextension des activitĂ©s humaines met en pĂ©ril notre patrimoine, quâil sâagisse de sites archĂ©ologiques, de monuments exceptionnels et autres reliques de notre passĂ©. Câest lĂ un triste constat, mais il nâa rien de nouveau. Ce qui lâest en revanche, câest que notre patrimoine ne se limite plus Ă la planĂšte Terre.
Tous les deux ans, le World Monuments Fund (Fonds mondial pour les monuments, WMF) publie sa liste World Monuments Watch. Une sélection de 25 sites historiques remarquables et particuliÚrement menacés, dont la restauration devient la priorité du WMF qui leur alloue des fonds en conséquence.
Patrimoine en péril
La liste de cette annĂ©e met en avant de nouveaux pĂ©rils pour le patrimoine. Le changement climatique, en particulier en Afrique subsaharienne, tandis que les sites du Pacifique sont plutĂŽt menacĂ©s par lâĂ©talement urbain. En AmĂ©rique du Sud et aux CaraĂŻbes, câest le surtourisme qui devient un enjeu, tandis que les catastrophes naturelles et les guerres – en Ukraine et au Moyen-Orient particuliĂšrement – restent les menaces les plus courantes.
Mais la liste des sites menacĂ©s – et les 25 les plus en danger – ne se limite pas Ă notre planĂšte. âPour la premiĂšre fois, la Lune est incluse dans le programme de surveillance afin de reflĂ©ter le besoin urgent de reconnaĂźtre et de prĂ©server les artefacts qui tĂ©moignent des premiers pas de lâhumanitĂ© au-delĂ de la Terre, un moment dĂ©cisif de notre histoire communeâ, a dĂ©clarĂ© dans un communiquĂ© la directrice du WMF, BĂ©nĂ©dicte de Montlaur. Des objets tels que la camĂ©ra qui a filmĂ© lâalunissage tĂ©lĂ©visĂ©, le disque commĂ©moratif laissĂ© par les astronautes Armstrong et Aldrin et des centaines dâautres objets sont emblĂ©matiques de cet hĂ©ritage.â
Nouvelle course Ă lâespace
Mais alors quâune nouvelle phase dâexpansion spatiale – et de rivalitĂ© en orbite entre grandes puissances – a commencĂ©, tout ce patrimoine lunaire se retrouve menacĂ©. Par un volume de trafic bien plus dense, dâabordâŻ; les missions lunaires se sont multipliĂ©es, ces derniĂšres annĂ©es, mĂȘme si lâobjectif de la NASA de renvoyer un Ă©quipage humaine sur notre satellite semble prendre du retard. Mais aussi, peut-ĂȘtre, bientĂŽt par lâexploitation des ressources lunaires. Pour construire une base permanente sur la Lune, il faudra creuser notre satellite, utiliser sa poussiĂšre (le rĂ©golithe) pour faire des briques. Et sans doute aussi miner lâastre Ă la recherche dâeau. Tant dâactivitĂ©s qui risquent bien dâeffacer les traces des premiers pas sur la Lune.
La Lune, un patrimoine commun
âCes sites] sont exposĂ©s Ă des risques croissants dans le contexte de lâaccĂ©lĂ©ration des activitĂ©s lunaires, entreprises sans protocoles de prĂ©servation adĂ©quatsâ, confirme BĂ©nĂ©dicte de Montlaur. âLâinclusion de la Lune souligne le besoin universel de stratĂ©gies proactives et coopĂ©ratives pour protĂ©ger le patrimoine – quâil soit sur Terre ou au-delĂ – qui reflĂšte et sauvegarde notre rĂ©cit collectif.â
Ajouter notre patrimoine lunaire reste bien sĂ»r symbolique. Aussi Ă©mouvante que soit la premiĂšre empreinte laissĂ©e par lâhumanitĂ© lĂ -bas, il existe des sites bien plus terrestres et bien plus menacĂ©s concrĂštement, qui mĂ©ritent toute notre attention. La liste complĂšte se trouve sur le site du World Monuments Fund. Mais celui-ci veut rappeler que lâhistoire de lâhumanitĂ© ne se compose pas que de vieilles pierres et de monuments, mais aussi dâobjets fonctionnels qui, au siĂšcle dernier, nous ont permis de repousser lâultime frontiĂšre.
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