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🌐 Google Chrome bientît à vendre? Ce qu’il faut savoir

24/11/2024 4 min de lecture
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Le gouvernement amĂ©ricain rĂ©clame la vente du navigateur internet Chrome par Google pour limiter son avantage concurrentiel, une opĂ©ration qui bousculerait le gĂ©ant de la recherche, pour peu qu’un ou plusieurs acheteurs se manifestent.

Le ministĂšre amĂ©ricain de la Justice a recommandĂ© mercredi cette mesure au juge fĂ©dĂ©ral de Washington qui doit statuer l’an prochain sur la peine de Google, reconnu coupable de pratiques anticoncurrentielles dans la recherche en ligne.

– Quel serait l’impact pour Google?

“Ce serait un coup dur portĂ© Ă  Google”, estime Dan Ives, analyste de Wedbush Securities, “qui changerait drastiquement son modĂšle Ă©conomique”. “Cela les priverait d’un portail internet majeur, duquel ils retirent beaucoup d’informations qu’ils peuvent utiliser pour entraĂźner leurs algorithmes et renforcer leur activitĂ© de recherche”, explique Beth Egan, professeur de publicitĂ© Ă  l’universitĂ© de Syracuse. LancĂ© en 2008, Chrome capte dĂ©sormais prĂšs de 70% du marchĂ© des navigateurs, qui a vu la part d’Explorer et Edge, les deux produits de Microsoft, passer de plus de 60% Ă  moins de 5%. MalgrĂ© tout, les observateurs ne voient pas dans cette possible cession la menace d’une crise existentielle pour Google. Beth Egan dresse un parallĂšle avec la limitation drastique par Apple et son navigateur Safari des “cookies”, des marqueurs qui permettent aux entreprises de retracer le parcours d’un internaute sur la toile. “Les publicitaires se sont dits: on a un angle mort, mais on va se dĂ©brouiller”, se souvient-elle. “Et Google fera la mĂȘme chose.”

– Combien vaut Chrome?

Un analyste de l’agence Bloomberg estime Ă  au moins 15 milliards de dollars le prix de vente du navigateur qui compte plus de trois milliards d’utilisateurs. Le manque de prĂ©cĂ©dent significatif rend nĂ©anmoins dĂ©licate toute estimation. En 2016, le norvĂ©gien Opera Software ASA a cĂ©dĂ© son navigateur Ă  un groupe d’investisseurs chinois pour 600 millions de dollars, mais il ne revendiquait, Ă  l’époque que 350 millions d’utilisateurs mensuels.

– Quels acheteurs?

“Les acheteurs potentiels de Chrome ne sont vraiment pas nombreux”, avance Evelyn Mitchell-Wolf, du cabinet Emarketer. En outre, ajoute l’analyste, “il est probable que toutes les sociĂ©tĂ©s qui en ont les moyens soient dĂ©jĂ  sous surveillance des autoritĂ©s de la concurrence”. “Je ne vois pas qui peut l’acheter sans crĂ©er un nouveau problĂšme de concurrence”, abonde Beth Egan. Pour Evelyn Mitchell-Wolf, le gouvernement amĂ©ricain pourrait nĂ©anmoins autoriser un groupe amĂ©ricain Ă  acquĂ©rir le navigateur “pour donner la prioritĂ© Ă  l’innovation dans l’IA (intelligence artificielle) et pour positionner au niveau mondial les États-Unis” sur cette nouvelle technologie.

– Cela profiterait-il Ă  d’autres navigateurs?

“Si Chrome est scindĂ© (de Google) et adopte un autre moteur par dĂ©faut, le volume de recherche va migrer vers cette plateforme et y rester tant que la qualitĂ© ne se dĂ©tĂ©riorera pas significativement”, diminuant la part de marchĂ© de Google, prĂ©voit Evelyn Mitchell-Wolf. Cela suppose nĂ©anmoins, prĂ©vient-elle, que le nouveau propriĂ©taire continue Ă  investir et innover dans Chrome. “Le ministĂšre de la Justice considĂšre que les gens utilisent Google parce que c’est le moteur de recherche (de Chrome) par dĂ©faut” et prĂ©voit que si le choix est laissĂ© aux utilisateurs, “ils en prendront un autre, mais cela me paraĂźt improbable”.

– Quelle sera la position du gouvernement Trump?

Beaucoup s’attendent dĂ©jĂ  Ă  ce que le juge Amit Mehta ne suivent pas les recommandations du gouvernement amĂ©ricain concernant Chrome. Pour Angelo Zino, du cabinet CFRA, ces mesures sont “extrĂȘmes et devraient ne pas ĂȘtre imposĂ©es par le tribunal”. Par ailleurs, la perspective de l’entrĂ©e en fonction de la nouvelle administration Trump, fin janvier, “est un joker”, selon l’analyste. En octobre, Donald Trump avait laissĂ© entendre qu’il n’était pas favorable Ă  un dĂ©mantĂšlement de Google, estimant qu’une scission serait pĂ©nalisante pour les États-Unis sur le plan international. “La Chine a peur de Google”, avait-il dĂ©clarĂ©, tout en se montrant trĂšs critique du groupe californien.

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