Les avocats de Twitter et dâElon Musk ont dĂ©battu mardi des Ă©lĂ©ments Ă fournir par chacune des parties, Ă trois semaines dâun procĂšs sans prĂ©cĂ©dent sur le projet de rachat du rĂ©seau Ă 44 milliards de dollars.
« Passons la rhĂ©torique et entrons dans le vif du sujet », sâest exclamĂ©e la juge amĂ©ricaine Kathaleen McCormick, aprĂšs plus de trois heures dâargumentation lors de lâaudience prĂ©liminaire organisĂ©e via Zoom.
Les avocats de lâhomme le plus riche au monde ont de nouveau rĂ©clamĂ© lâaccĂšs Ă plus de donnĂ©es sur les comptes inauthentiques ou automatisĂ©s, au cĆur des arguments avancĂ©s par leur client pour renoncer Ă acquĂ©rir la plateforme.
Ils estiment en revanche que Twitter leur demande trop dâinformations sur leurs Ă©changes avec Peiter Zatko, ancien chef de la sĂ©curitĂ© du rĂ©seau social devenu lanceur dâalerte, qui a accusĂ© cet Ă©tĂ© son ancienne entreprise dâavoir dissimulĂ© des vulnĂ©rabilitĂ©s informatiques et menti sur sa lutte contre les faux comptes.
DĂ©but juillet, le groupe basĂ© Ă San Francisco a lancĂ© des poursuites contre Elon Musk, pour le forcer Ă honorer le contrat dâacquisition signĂ© fin avril.
Selon le conseil dâadministration, la proportion de pourriels sur la plateforme est un prĂ©texte mis en avant par lâhomme dâaffaires, qui aurait changĂ© dâavis en voyant la valeur des sociĂ©tĂ©s chuter en Bourse ces derniers mois.
Les avocats de Twitter ont nié mardi abuser du secret professionnel pour ne pas divulguer certains documents.
Ils doivent interroger Elon Musk lors dâune dĂ©position Ă huis clos qui a Ă©tĂ© reportĂ©e aux 6 et 7 octobre, selon plusieurs articles de presse.
Le procĂšs doit sâouvrir le 17 octobre dans un tribunal spĂ©cialisĂ© de lâĂtat du Delaware (cĂŽte est des Ătats-Unis), et durer cinq jours.
Le marchĂ© a longtemps donnĂ© lâavantage Ă Twitter, la loi du Delaware Ă©tant a priori favorable au respect des contrats. Et la prĂ©sidente de la cour, Kathaleen McCormick, a accordĂ© Ă lâentreprise un procĂšs rapide, alors que le multimilliardaire voulait attendre lâannĂ©e prochaine et demandait des quantitĂ©s astronomiques de donnĂ©es.
Mais lâintervention surprise du lanceur dâalerte a ajoutĂ© une dimension Ă lâaffaire, depuis que la juge a autorisĂ© Elon Musk Ă inclure dans ses arguments les nouvelles accusations.
La bataille au tribunal pourrait dĂ©boucher sur « un accord, le paiement de frais pour rupture du contrat, lâobligation de racheter Twitter comme prĂ©vu et une myriade dâautres rĂ©sultats », considĂšre Dan Ives, de Wedbush Securities, dans une note mardi.
Lâanalyste continue aussi de croire « possible que les parties nĂ©gocient en coulisse ».
Journal de Montréal




