Le ârobot tueurâ est censĂ© ĂȘtre la rĂ©ponse de la Russie Ă la livraison de chars de combat Leopard et Abrams Ă lâUkraine. Le champ de bataille ukrainien sera leur âbaptĂȘme du feuâ. Selon les Russes, les robots de combat sont capables âdâidentifier et dâĂ©liminerâ les chars occidentaux. Mais est-ce vrai? On fait le point.
Le âMarkerâ est un vĂ©hicule sans pilote basĂ© sur lâintelligence artificielle qui ressemble Ă un petit char dâassaut. Toutefois, contrairement Ă un char ordinaire, il peut dĂ©tecter et attaquer automatiquement les cibles ennemies Ă lâaide dâune sĂ©rie de capteurs intelligents et de la robotique.
Le robot-char peut fonctionner de maniĂšre autonome pendant trois jours, se dĂ©placer sur plusieurs kilomĂštres sans assistance humaine et tirer sur des cibles. Le âMarkerâ peut ĂȘtre Ă©quipĂ© de divers systĂšmes dâarmes. Selon le fabricant, Magnitogorsk Android Technology, les robots peuvent Ă©galement travailler avec des drones.
Léger et agile
Comme le robot nâest pas habitĂ©, il est plus lĂ©ger et plus maniable. Lâagence de presse âTASSâ rapporte que le robot peut dĂ©sactiver les drones par des impulsions Ă©lectromagnĂ©tiques. En effet, des impulsions Ă©lectromagnĂ©tiques sont utilisĂ©es pour rompre la connexion entre le drone et son pilote, qui dirige lâappareil Ă distance.
Lâancien vice-premier ministre russe et ancien patron de lâagence spatiale Roskosmos, Dmitri Rogozin, affirme que le âMarkerâ pourra dĂ©sormais Ă©liminer les chars. âTout le monde sâaccorde Ă dire quâen attendant lâarrivĂ©e des Abrams et des LĂ©opards en Ukraine, nos âMarkersâ doivent ĂȘtre prĂ©parĂ©s Ă leur destruction avec lâarmĂ©eâ, a dĂ©clarĂ© Rogozin, qui dirige dĂ©sormais le groupe de conseil militaire âTsar Wolvesâ.
Des photos des chars Leopard et Abrams devraient ĂȘtre introduites Ă lâavance dans les robots tĂ©lĂ©guidĂ©s. Cela permettra de les reconnaĂźtre et de les localiser de maniĂšre autonome dans la zone de combat Ă une distance dâenviron 15 kilomĂštres. Ils seraient alors en mesure de frapper les parties les plus faibles des chars avec des armes capables de percer le blindage.
Peu dâexemplaires
Les robots ont Ă©tĂ© testĂ©s sur le site dâentraĂźnement russe âVostochny Cosmodromeâ avant que âplusieursâ unitĂ©s ne soient envoyĂ©es en Ukraine, rapporte âTASSâ. Pour lâinstant, il en existerait que quatre exemplaires, qui seront mis en action dans la rĂ©gion du Donbass.
Selon les experts militaires de lâorganisation amĂ©ricaine âTask and Purposeâ, la Russie ne disposerait que de cinq âMarkerâ. Le fait de prĂ©senter les robots comme destructeurs de chars de combat pourrait nâĂȘtre quâun simple coup de communication.
Mais de nombreux projets dâIA similaires pourraient ĂȘtre en cours de dĂ©veloppement, prĂ©vient Samuel Bendett, expert en sĂ©curitĂ© au âCenter for New American Securityâ. Il met, en revanche, en doute lâaffirmation de M. Rogozin selon laquelle le âMarkerâ pourrait affronter les chars de combat M1 Abrams et Leopard 2 dans une zone de conflit.
Une technologie Ă prouver
Ils devront toujours faire partie dâune opĂ©ration conjointe. âLe âMarkerâ ne se contentera pas de rouler jusquâĂ un char et de lui tirer dessusâ, estime M. Bendett. Il indique que les forces ukrainiennes sont susceptibles de âchasserâ ces robots avec des drones sans pilote, posant un autre obstacle au ârobot tueurâ.
M. Bendett a prĂ©cĂ©demment expliquĂ© Ă âNewsweekâ que le âMarkerâ Ă©tait conçu pour âremplacer un soldat lors de missions dangereuses, et rendre les missions plus efficacesâ. Il a soulignĂ© que cette technologie nâen Ă©tait quâĂ ses dĂ©buts.
Depuis lâannonce des tests en Ukraine, on ignore dans quelle mesure les robots de combat seront proches des lignes de front. âIls ne sont pas nĂ©cessairement prĂȘts pour lâenvironnement trĂšs complexe du champ de bataille ukrainienâ, conclut M. Bendett.
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