🇫🇷 Condamné pour provocation à la haine, Éric Zemmour annonce faire appel

🇫🇷 Condamné pour provocation à la haine, Éric Zemmour annonce faire appel

Le candidat à la présidentielle Éric Zemmour a été condamné ce lundi à 10 000 euros d’amende pour provocation à la haine après des propos sur les mineurs isolés en 2020. Il a annoncé faire appel de la décision du tribunal correctionnel.

Éric Zemmour n’était pas au tribunal pour entendre le jugement. Les propos incriminés remontent au 29 septembre 2020. Lors de l’émission « Face à l’info » sur la chaîne CNews après un attentat devant les ex-locaux du journal satirique Charlie Hebdo, le candidat d’extrême droite à la présidentielle alors chroniqueur avaient affirmé que les migrants mineurs isolés « n’ont rien à faire ici, ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont, il faut les renvoyer et il ne faut même pas qu’ils viennent. » 

En le reconnaissant coupable d’incitation à la haine et le condamnant à 10 000 euros d’amende, le tribunal a suivi les réquisitions du parquet qui avait estimé que « les limites de la liberté d’expression étaient franchies » par ces propos qualifiés de « méprisants et outrageants », signe d’une « détestation » de la population immigrée. 

« Idéologique et stupide »

L’avocat d’Éric Zemmour avait lui plaidé que son client défendait là une position politique. Cette condamnation n’est pas solidement argumentée juridiquement et même un « dévoiement », a réagi Me Pardo puisque, selon lui « les mineurs isolés ne sont ni une race, ni une nation. » Il va interjeter appel. 

Dans un communiqué, le principal intéressé a dénoncé une condamnation « idéologique et stupide ». « C’est la condamnation d’un esprit libre par un système judiciaire envahi par les idéologues », a-t-il écrit. « Nous voulons la fin de ce système qui resserre chaque jour un peu plus le garrot sur la liberté d’expression et le débat démocratique. Ce système fabrique du délit d’opinion de manière industrielle. Il est urgent de chasser l’idéologie des tribunaux », a ajouté Éric Zemmour. À l’automne, déjà, celui qui est aujourd’hui crédité de 13% des intentions de vote dans les sondages disait vouloir « enlever le pouvoir (aux) contre-pouvoirs » comme « la justice, les médias, les minorités ».

J’ai un agenda judiciaire chargé car on veut me diaboliser. On veut, par la justice, me faire taire. Parce que je suis le seul candidat à l’élection présidentielle à poser cette question majeure de l’immigration, de l’identité de la France et du « grand remplacement ». Les Français savent ce qu’ils vivent. Ils savent ce qu’ils subissent. Et je dirai non seulement je protège mon peuple, le peuple français, mais c’est moi le plus humaniste.

Troisième condamnation

Arié Alimi, avocat de la Ligue des droits de l’homme, a quant à lui salué une décision importante qui montre qu’insulter ainsi une population immigrée est bien du racisme. Il s’est félicité aussi de la condamnation à 3 000 euros du directeur de publication de CNews, car la trentaine d’associations parties civiles avaient insisté sur la nécessité de condamner aussi la chaîne, responsable selon elles de faire de ce type de « discours de haine », son « fonds de commerce ».

C’est la troisième condamnation d’Éric Zemmour pour provocation à la haine. Le candidat d’extrême droite doit être jugé en appel jeudi pour contestation de crime contre l’humanité après avoir soutenu, en octobre 2019, encore sur CNews, que le maréchal Pétain avait « sauvé » les juifs français. 

RFI