mercredi 3 juin 2026 — Dakar
đŸ“Č Newsletter du matin
Economie

đŸ‡ȘđŸ‡ș Le gaz russe n’arrive plus dans l’UE, mais la premiĂšre rĂ©gion Ă  en souffrir est..

03/01/2025 5 min de lecture
17358932606245268675209268888712

Depuis ce 1á”‰Êł janvier, l’Union europĂ©enne se passe de gaz russe pour se chauffer. Celui-ci arrivait toujours, via des pipe-lines traversant l’Ukraine, malgrĂ© trois ans de guerre entre Kiev et Moscou. Mais les Ukrainiens ont dĂ©cidĂ© de ne pas renouveler le contrat de transit de cinq ans, quand bien mĂȘme il leur rapportait l’équivalent d’un milliard de dollars chaque annĂ©e. Les pays de l’UE ont eu le temps de s’y prĂ©parer, malgrĂ© les rĂ©ticences de la Hongrie, de l’Autriche et de la Slovaquie. Mais pas un petit territoire sĂ©cessionniste d’Europe, malgrĂ© sa proximitĂ© avec Moscou.

La Transnistrie est une rĂ©gion sĂ©paratiste de Moldavie, qui abrite un peu plus d’un demi-million d’habitants et a proclamĂ© son indĂ©pendance en 1990. Celle-ci n’est pas reconnue internationalement, mais elle bĂ©nĂ©ficie du soutien de la Russie. Ce territoire, toujours rĂ©gi par un parti unique attachĂ© aux symboles soviĂ©tiques, se maintient le long de la frontiĂšre entre Moldavie et Ukraine grĂące Ă  une prĂ©sence militaire russe estimĂ©e Ă  1.500 soldats. Et le statu quo demeure depuis une trentaine d’annĂ©es.

Toutes les entrepri­ses industriel­les sont Ă  l’arrĂȘt, Ă  l’exception de celles qui produisent des denrĂ©es alimentai­res […] Le problĂšme est si vaste que s’il n’est pas rĂ©solu avant longtemps, nous assiste­rons dĂ©jĂ  Ă  des change­ments irrĂ©versi­bles

Sergei Obolonik

Une population sans chauffage en hiver

Sauf que c’est Moscou qui vient de le rompre ; alors que le “grand frĂšre” russe a fermĂ© les vannes, c’est la Transnistrie qui se retrouve sans approvisionnement en gaz. Et les consĂ©quences s’en font dĂ©jĂ  sentir, liste The Guardian. La compagnie d’énergie transnistrienne a coupĂ© le chauffage et l’eau chaude et incitĂ© les habitants Ă  se rĂ©unir dans une seule piĂšce, en couvrant les fenĂȘtres avec des rideaux ou des couvertures, et en utilisant des radiateurs Ă©lectriques.

Pendant ce temps, la situation Ă©conomique plonge. “Toutes les entreprises industrielles sont Ă  l’arrĂȘt, Ă  l’exception de celles qui produisent des denrĂ©es alimentaires, c’est-Ă -dire qui assurent directement la sĂ©curitĂ© alimentaire de la Transnistrie”, a rĂ©sumĂ© le vice-premier ministre en chef de la rĂ©gion, SergueĂŻ Obolonik, sur une chaĂźne locale. “Il est trop tĂŽt pour juger de l’évolution de la situation […]. Le problĂšme est si vaste que s’il n’est pas rĂ©solu avant longtemps, nous assisterons dĂ©jĂ  Ă  des changements irrĂ©versibles, c’est-Ă -dire que les entreprises perdront leur capacitĂ© Ă  dĂ©marrer.”

10 jours de réserves stratégiques

Le dirigeant prorusse de Transnistrie, Vadim Krasnoselsky, a déclaré que la région disposait de réserves de gaz pouvant durer 10 jours en usage limité dans le nord du pays, et deux fois plus longtemps dans le sud. Et délai pendant lequel la région séparatiste devra soit se trouver une autre source de gaz, soit convertir ses infrastructures à marche forcée vers le charbon.

Depuis des mois, le gouvernement de Tiraspol tentait de trouver un accord pour se connecter au rĂ©seau moldave. Du cĂŽtĂ© de Chisinau, on est plutĂŽt coopĂ©ratif, mais pas gratuitement. Car la Moldavie aussi a dĂ©clarĂ© l’urgence Ă©nergĂ©tique suite au tarissement du gaz russe, mĂȘme si la situation n’est pas si grave que chez les sĂ©paratistes. Les Moldaves ont rĂ©duit d’un tiers leur dĂ©pendance au gaz russe – qui leur arrivait via la Transnistrie, justement. Et 60% de leur consommation est maintenant importĂ©e de Roumanie, dĂ©taille The Guardian.

La ligne Ă  haute tension censĂ©e relier le pays au rĂ©seau Ă©lectrique europĂ©en n’était toutefois pas encore achevĂ©e fin dĂ©cembre. En attendant, le gaz devra ĂȘtre achetĂ© au prix du marchĂ©, a annoncĂ© le directeur de la compagnie nationale de gaz moldave, Vadim Ceban, et ça sera le mĂȘme rĂ©gime pour la Transnistrie. Or, il n’est pas certain que les sĂ©paratistes puissent s’en acquitter, alors qu’ils bĂ©nĂ©ficiaient de l’énergie russe gratuitement depuis des annĂ©es.

“L’une des plus grandes dĂ©faites de Moscou”

Si elle a Ă©tĂ© longue Ă  mettre en place, le prĂ©sident ukrainien Volodymyr Zelensky a sans doute raison de considĂ©rer comme “une des plus grandes dĂ©faites de Moscou” la rupture du gaz. L’Union europĂ©enne s’est presque entiĂšrement sevrĂ©e du gaz russe, lui prĂ©fĂ©rant l’approvisionnement norvĂ©gien ou amĂ©ricain ; une perte sĂšche de revenus, pour le Kremlin. Et les prĂ©mices d’un dĂ©sastre humanitaire en Transnistrie, qui pourrait sonner le glas de ce rĂ©gime sĂ©paratiste prorusse. On ne peut prĂ©dire comment la population rĂ©agira face Ă  cette crise qui dĂ©bute Ă  peine. Mais si elle ne peut plus compter sur l’aide de Moscou, que vaudront alors les 1.500 soldats russes qui soutiennent le rĂ©gime, coincĂ©s entre la Moldavie et l’Ukraine?

7sur7

L'essentiel du Sénégal, chaque matin à 7h

Gros titres, nouveaux concours et bourses directement dans votre boßte mail ou sur WhatsApp. Soyez les premiers informés des dates limites.

RFM
RFM
94.0 FM
🔊
En direct
RFM
RFM
94.0 FM
🔊
En direct