đŸ‡ș🇾 đŸ‡·đŸ‡ș Joe Biden menace la Russie de « fortes sanctions » en cas d’escalade en Ukraine

đŸ‡ș🇾 đŸ‡·đŸ‡ș Joe Biden menace la Russie de « fortes sanctions » en cas d’escalade en Ukraine

Joe Biden et Vladimir Poutine se sont entretenus mardi sur fond de crise Ă  la frontiĂšre entre la Russie et l’Ukraine. Le chef d’État amĂ©ricain a averti son homologue que la Russie subirait de « fortes sanctions », notamment Ă©conomiques, en cas d’escalade militaire avec Kiev.

La visioconférence a remplacé le téléphone rouge. Joe Biden et Vladimir Poutine ont échangé durant deux heures, mardi 7 décembre, sur fond de vives tensions en Ukraine. 

Le prĂ©sident amĂ©ricain a exprimĂ© Ă  cette occasion ses vives prĂ©occupations face aux actions russes en Ukraine, a indiquĂ© la Maison Blanche, ajoutant qu’il avait prĂ©venu le prĂ©sident russe que Washington et ses alliĂ©s rĂ©pondraient par des mesures Ă©conomiques fortes en cas d’escalade militaire.

Joe Biden participait à la conversation en visioconfĂ©rence depuis la « Situation Room » de la Maison Blanche, fermĂ©e aux journalistes. Le choix par les AmĂ©ricains de cette salle ultra-sĂ©curisĂ©e, d’oĂč l’exĂ©cutif amĂ©ricain pilote les interventions militaires sensibles, rĂ©vĂšle le haut degrĂ© de tension Ă  Washington.

RĂ©pondant aux menaces de sanctions formulĂ©es par Joe Biden, Â«Â Vladimir Poutine a rĂ©pondu qu’il ne fallait pas rejeter la responsabilitĂ© sur les Ă©paules de la Russie » Ă©tant donnĂ© le comportement de l’Alliance atlantique en Ukraine, a Ă©crit le Kremlin dans un communiquĂ©.

Le prĂ©sident russe a Ă©galement a dĂ©noncĂ© auprĂšs de son homologue amĂ©ricain le potentiel militaire croissant de l’Otan aux frontiĂšres de la Russie, liĂ© Ă  son soutien Ă  l’Ukraine, et il a demandĂ© des « garanties » sur le non-Ă©largissement de l’alliance vers l’Est.

Entretien de Macron avec les prĂ©sidents russe et ukrainien

Washington avait fait savoir que le prĂ©sident amĂ©ricain Joe Biden avait parlĂ© avec les dirigeants français, allemand, italien et britannique Ă  la suite de l’entretien avec Vladimir Poutine, pour « les informer » de ses Ă©changes « et se consulter sur la marche Ă  suivre ».

« Les cinq leaders ont rĂ©affirmĂ© leur dĂ©termination Ă  Ɠuvrer ensemble pour garantir la souverainetĂ© de l’Ukraine et veiller Ă  ce que sa stabilitĂ© et sĂ©curitĂ© soient assurĂ©es », a indiquĂ© l’ÉlysĂ©e dans un communiquĂ© Ă©mis Ă  la suite de l’Ă©change avec Joe Biden. Â«Â Ă€ cet Ă©gard, ils demeurent vigilants sur les initiatives agressives qui pourraient ĂȘtre prises par la Russie envers l’Ukraine », ajoute Paris.

Le prĂ©sident français Emmanuel Macron a annoncĂ© un entretien « dans les prochains jours » avec ses homologues ukrainien et russe afin d’ Ă©viter une escalade militaire en Ukraine.

Un exercice d’Ă©quilibriste difficile pour Biden

Washington et Kiev accusent Moscou de masser des troupes Ă  la frontiĂšre avec l’Ukraine pour attaquer le pays, rejouant le scĂ©nario qui avait vu les Russes annexer la pĂ©ninsule de CrimĂ©e en 2014, et prĂ©cipiter l’Ukraine dans une guerre qui a fait plus de 13 000 morts. Les experts sont partagĂ©s : beaucoup pensent que Vladimir Poutine bluffe, mais peu Ă©vacuent complĂštement l’hypothĂšse d’une attaque.

Si Moscou devait passer Ă  l’acte, un haut responsable de la Maison Blanche a dĂ©taillĂ© lundi les leviers que les États-Unis seraient prĂȘts Ă  actionner. D’abord, « les États-Unis rĂ©pondraient favorablement » Ă  une demande de prĂ©sence militaire accrue de la part de leurs alliĂ©s de l’Otan en Europe de l’Est. Ensuite, ils soutiendraient davantage l’armĂ©e ukrainienne. Enfin, Washington prendrait des sanctions Ă©conomiques lourdes contre le rĂ©gime de Vladimir Poutine, et surtout diffĂ©rentes de celles empilĂ©es depuis 2014 contre la Russie, sans grand effet.

Mais « les États-Unis ne cherchent pas Ă  se retrouver dans une position oĂč l’usage direct de forces amĂ©ricaines serait au centre de [leurs] rĂ©flexions », selon le haut responsable amĂ©ricain. En clair : pas question pour l’instant d’une rĂ©plique militaire amĂ©ricaine directe.

Joe Biden, qui a traitĂ© Vladimir Poutine de « tueur », joue une partition dĂ©licate. Il se veut le grand porte-parole des dĂ©mocrates dans le monde. Il organise d’ailleurs jeudi et vendredi un « sommet des dĂ©mocraties » virtuel, vertement critiquĂ© par Moscou et PĂ©kin qui n’y sont pas invitĂ©s. Et il lui faut gĂ©rer habilement la crise ukrainienne, sous peine d’Ă©chauder encore plus les alliĂ©s traditionnels des États-Unis, dĂ©jĂ  irritĂ©s par le retrait d’Afghanistan, menĂ© de maniĂšre chaotique, et sans grande concertation selon eux.

Certains experts estiment que la tenue mĂȘme de ce sommet est en soi une victoire pour Vladimir Poutine, qui veut affirmer la Russie comme une puissance dans le jeu gĂ©opolitique mondial, aujourd’hui dominĂ© par la rivalitĂ© entre Chine et États-Unis.

France 24