đŸ‡ș🇩 Ukraine: quatre mois de guerre et des consĂ©quences imprĂ©visibles

đŸ‡ș🇩 Ukraine: quatre mois de guerre et des consĂ©quences imprĂ©visibles

Le 24 fĂ©vrier, Vladimir Poutine ordonnait le dĂ©but d’une « opĂ©ration militaire spĂ©ciale » en Ukraine, marquant le dĂ©but de l’invasion de l’armĂ©e russe. Ce jeudi 23 juin, pour le dernier Conseil europĂ©en de la prĂ©sidence française du Conseil de l’Union europĂ©enne – qui devrait accorder Ă  l’Ukraine le statut de candidat Ă  l’adhĂ©sion Ă  l’UE -, RFI est en Pologne, accueillie par le collĂšge d’Europe de Varsovie sur le campus de Natolin pour une Ă©dition spĂ©ciale, alors que le conflit fait toujours rage.

VoilĂ  quatre mois que la guerre ouverte qui couvait depuis des annĂ©es entre l’Ukraine et la Russie a Ă©clatĂ©, avec le dĂ©but de l’invasion de l’armĂ©e russe sur le territoire souverain ukrainien. Quatre mois que le monde a les yeux rivĂ©s sur ce pays : l’Ukraine, anciennement membre du bloc de l’URSS, indĂ©pendant depuis 1991 et attaquĂ© par son voisin russe.

Chaque camp a sa version dans une histoire complexe et aux ramifications trĂšs diverses. Vladimir Poutine, le maĂźtre du Kremlin, entend « dĂ©nazifier » l’Ukraine, avec en arriĂšre-plan une hostilitĂ© Ă  un possible rattachement de l’Ukraine Ă  l’Otan. CĂŽtĂ© ukrainien, on rejette l’autoritĂ© de Moscou et on accuse la Russie de vouloir conquĂ©rir des territoires revendiquĂ©s, dans la lignĂ©e de l’annexion de la CrimĂ©e en 2014. Ainsi, les bombes pleuvent, les chars et soldats dĂ©filent, les populations fuient et les victimes s’accumulent.

Des dizaines de milliers de morts et des dĂ©placĂ©s par millions

Il n’y a pas de bilan global des victimes civiles du conflit, mais celui-ci est certainement trĂšs lourd. Sur le plan militaire, des sources de sĂ©curitĂ© occidentales parlent de 15 000 Ă  20 000 soldats russes tuĂ©s depuis le 24 fĂ©vrier. Les forces ukrainiennes elles, perdent chaque jour une centaine de soldats, selon Kiev. Aucune statistique indĂ©pendante n’est disponible, mais les images et tĂ©moignages sont Ă©loquents.

La presse n’est pas Ă©pargnĂ©e : huit journalistes sont morts jusqu’Ă  prĂ©sent en couvrant cette guerre, dont le Français FrĂ©dĂ©ric Leclerc-Imhoff, tuĂ© par un Ă©clat d’obus tirĂ© par les forces russes le 30 mai alors qu’il suivait une opĂ©ration d’évacuation de civils pour la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision BFMTV dans le Donbass.

Mercredi 22 juin, l’ONG MĂ©decins sans frontiĂšres dĂ©nonçait encore le « niveau choquant » de souffrance que la violence aveugle de la guerre cause aux civils, victimes d’« attaques indiscriminĂ©es constantes ». Des enquĂȘteurs ukrainiens ont dĂ©jĂ  rĂ©pertoriĂ© plus de 18 000 « crimes de guerre et agressions », dont des meurtres de civils, des viols et des attaques contre des infrastructures civiles. Le massacre de Boutcha, dĂ©couvert dĂ©but avril, a particuliĂšrement choquĂ© le monde.

Avant le 24 fĂ©vrier, l’Ukraine comptait 37 millions d’habitants dans les territoires contrĂŽlĂ©s par Kiev – c’est-Ă -dire en excluant notamment la CrimĂ©e, pĂ©ninsule annexĂ©e par Moscou en 2014. Depuis, plus de 43 % d’Ukrainiens ont dĂ» fuir face Ă  la guerre : selon les Nations unies, plus de 7 millions d’entre eux sont dĂ©placĂ©s dans le pays, et 7,7 millions d’autres ressortissants ont fui Ă  l’Ă©tranger, dont la moitiĂ© sont passĂ©s par la Pologne.

Une guerre partie pour durer

Cette guerre a eu pour consĂ©quence l’isolement gĂ©opolitique, diplomatique et Ă©conomique de la Russie, considĂ©rĂ©e par une large partie de la communautĂ© internationale comme l’agresseur. Le contact n’est pas totalement rompu avec Moscou, mais nombre de pays ont adoptĂ© une sĂ©rie de sanctions Ă  l’encontre du pays dirigĂ© par Vladimir Poutine.

Gels des actifs financiers, rejet du rouble, retrait des entreprises Ă©trangĂšres du territoire russe, exclusion des Ă©quipes de sport et des sportifs et sportives des compĂ©titions majeures, fermeture de l’espace aĂ©rien, interdiction des importations et exportations, mise au ban de mĂ©dias considĂ©rĂ©s comme des organes officiels du Kremlin… Les sanctions sont nombreuses mais n’ont en rien inflĂ©chi la position militaire russe jusqu’Ă  prĂ©sent.

La Russie Ă©tant le plus gros exportateur de gaz dans le monde, une crise de l’Ă©nergie a naturellement vu le jour. Plusieurs pays font Ă©tat de difficultĂ©s d’approvisionnement dans ce contexte explosif.

L’Ă©conomie mondiale subit aussi les effets de la guerre : l’inflation, dĂ©jĂ  prĂ©sente un peu partout avant le 24 fĂ©vrier, est exacerbĂ©e. Le blocage des cĂ©rĂ©ales en Ukraine provoque Ă©galement des tensions sur le plan de la sĂ©curitĂ© alimentaire, en particulier dans des zones trĂšs dĂ©pendantes de la production ukrainienne.

La guerre fait rage depuis quatre mois, et l’optimisme n’est pas de mise. L’Otan, par la voix de son secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral Jens Stoltenberg, redoute qu’elle puisse Â« durer des annĂ©es Â».

RFI