đŸ‡«đŸ‡· IHU de Marseille dirigĂ© par Didier Raoult : le gouvernement saisit la justice

đŸ‡«đŸ‡· IHU de Marseille dirigĂ© par Didier Raoult : le gouvernement saisit la justice

François Braun et Sylvie Retailleau ont saisi la justice pour «dysfonctionnements graves» de l’IHU de Marseille lorsqu’il Ă©tait dirigĂ© par Didier Raoult.

Les ministres de la SantĂ© et de la Recherche ont saisi ce lundi 5 septembre la justice au vu d’un nouveau rapport sur l’IHU de Marseille, qui confirme des «dysfonctionnements graves» lorsque cet institut scientifique Ă©tait sous la direction du Pr Didier Raoult.

Ce rapport administratif dĂ©finitif, publiĂ© lundi, «met en lumiĂšre des dysfonctionnements graves de l’IHU», et «plusieurs Ă©lĂ©ments» sont «susceptibles de constituer des dĂ©lits ou des manquements graves Ă  la rĂ©glementation en matiĂšre de santĂ© ou de recherche», dĂ©clarent les ministres François Braun et Sylvie Retailleau dans un communiquĂ© commun. Ils prĂ©cisent avoir saisi le procureur de la RĂ©publique de Marseille.

À la lumiĂšre de ce document accablant, les ministres pointent «certaines pratiques mĂ©dicales et scientifiques inappropriĂ©es rĂ©pandues» au sein de l’Institut hospitalo-universitaire MĂ©diterranĂ©e infection (IHU-MI) crĂ©Ă© en 2011, et dirigĂ© par le Pr Didier Raoult jusqu’Ă  la fin aoĂ»t.

Sont pointĂ©es des pratiques «ne respectant pas la rĂ©glementation et pouvant gĂ©nĂ©rer un risque sanitaire pour les patients, notamment au cours des protocoles de recherche», des «dĂ©rives dans les pratiques de management, pouvant gĂ©nĂ©rer harcĂšlement et mal-ĂȘtre au travail», des «dĂ©rives dans la gouvernance, qui ne respecte pas strictement les rĂšgles encadrant les fondations de coopĂ©ration scientifique», prĂ©cise le communiquĂ©. Une dĂ©gradation progressive de la situation financiĂšre de l’Ă©tablissement est aussi mentionnĂ©e.

Le rapport dĂ©finitif de l’Inspection gĂ©nĂ©rale des affaires sociales (Igas) et de son homologue pour l’enseignement supĂ©rieur et la recherche (IGESR) couvre un champ plus large qu’un prĂ©cĂ©dent rapport, dĂ©jĂ  cinglant, publiĂ© il y a quelques mois par l’Agence du mĂ©dicament (ANSM). Des extraits de sa version prĂ©liminaire avaient Ă©tĂ© divulguĂ©s dĂ©but juillet par La Provence et Mediapart. Entre autres pratiques «de nature Ă  relever d’une qualification pĂ©nale», les inspecteurs de l’Igas-IGESR relĂšvent que des patients soignĂ©s Ă  l’IHU pour Covid-19 ou tuberculose se voyaient administrer des «molĂ©cules en dehors de leur autorisation de mise sur le marché».

Des vérifications réguliÚres des ministÚres

Les ministres de la SantĂ© et de la Recherche «convoqueront prochainement les dirigeants des Ă©tablissements fondateurs et le directeur de l’IHU-MI» afin qu’ils mettent en Ɠuvre «dans les meilleurs dĂ©lais un plan d’actions volontariste tenant compte de l’intĂ©gralitĂ© des recommandations formulĂ©es par les deux inspections», selon le communiquĂ©. «Le respect intĂ©gral du plan d’actions et de la rĂ©glementation en vigueur fera l’objet de vĂ©rifications rĂ©guliĂšres de la part des deux ministĂšres, et conditionnera la poursuite de l’activitĂ© de l’IHU-MI et de son financement par l’État», prĂ©viennent-ils.

Depuis le 1er septembre, l’IHU est pilotĂ© par un nouveau directeur: Pierre-Edouard Fournier, un spĂ©cialiste des maladies infectieuses issu de l’institution, qui a soutenu sa thĂšse sous la direction du Pr Didier Raoult.

Le Figaro