đŸ‡«đŸ‡· À une semaine du second tour, Macron et Le Pen jouent la carte du rassemblement

đŸ‡«đŸ‡· À une semaine du second tour, Macron et Le Pen jouent la carte du rassemblement

Le grand air urbain de la citĂ© phocĂ©enne pour Emmanuel Macron, l’intimitĂ© rurale pour Marine Le Pen. Le contraste d’image est saisissant samedi entre les deux finalistes Ă  la prĂ©sidentielle, mais leur objectif est le mĂȘme: appeler au rassemblement populaire.

Dans la journĂ©e, une trentaine de manifestations sont par ailleurs prĂ©vues en France pour dire « non Ă  l’extrĂȘme droite », Ă  l’appel d’organisations et syndicats comme SOS Racisme, la CGT ou le Syndicat de la magistrature, mais sans directement appeler Ă  voter pour le prĂ©sident-candidat.

InterrogĂ©e samedi matin sur ces manifestations, la candidate RN a jugĂ© que « manifester contre les rĂ©sultats d’une Ă©lection, c’est profondĂ©ment antidĂ©mocrate ».
« J’ai envie de dire Ă  tous ces gens: allez donc voter! », a-t-elle lancĂ©, Ă  huit jours du second tour.

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Marine Le Pen à Saint-Remy-sur-Avre ce samedi 16 avril 2022. © AP

Emmanuel Macron s’offre lui une carte postale de Marseille pour son premier grand meeting d’entre-deux-tours, lĂ  oĂč Jean-Luc MĂ©lenchon Ă©tait arrivĂ© en tĂȘte au premier tour dimanche (31%), prĂšs de 9 points devant le prĂ©sident sortant.
A partir de 15H00 dans le jardin du Pharo, un parc qui surplombe le Vieux-Port, le candidat toujours favori des sondages entend donner une image de rassemblement populaire: plusieurs milliers de personnes sont attendues dans une ambiance volontairement décontractée, sans chaises mais sous un soleil promis estival.

Chez les stratĂšges macronistes, on s’est notamment fĂ©licitĂ© de ce format expĂ©rimentĂ© mardi Ă  Strasbourg – devant une foule toutefois bien plus modeste – tout en reconnaissant que « c’est une prise de risque, indĂ©niablement, puisqu’on n’est jamais Ă  l’abri d’un incident, y compris physiquement ».

Dans la deuxiĂšme ville de France oĂč La RĂ©publique en marche compte certes quatre dĂ©putĂ©s sur huit, mais a toujours peinĂ© Ă  vĂ©ritablement s’implanter, le candidat Macron pourra compter sur des soutiens de poids.

D’abord, le patron de Provence-Alpes-CĂŽte-d’Azur Renaud Muselier, ex-LR, avec qui la majoritĂ© prĂ©sidentielle s’Ă©tait alliĂ©e avec succĂšs lors des rĂ©gionales du printemps dernier. Celui qui avait battu l’extrĂȘme droite emmenĂ©e par Thierry Mariani aux rĂ©gionales est devenu un solide alliĂ© du prĂ©sident sortant.

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© REUTERS

“Le systùme inquiet”

Mais c’est la prĂ©sence – ou non – du maire de Marseille BenoĂźt Payan qui sera scrutĂ©e samedi aprĂšs-midi et qui doit parachever le grand « rassemblement ». Le socialiste a toujours fait montre de rapports chaleureux, voire amicaux, avec Emmanuel Macron et n’avait pas soutenu Anne Hidalgo au premier tour.

M. Payan a appelĂ© dĂšs dimanche soir Ă  voter Emmanuel Macron pour faire barrage Ă  l’extrĂȘme droite, lui qui est Ă  la tĂȘte d’une majoritĂ© municipale qui va de LFI Ă  EELV.
L’opĂ©ration permettrait Ă©galement d’inciter toujours plus les Ă©lecteurs de Jean-Luc MĂ©lenchon Ă  glisser un bulletin Macron le 24 avril et non Ă  choisir un simple vote blanc ou l’abstention, mĂ©caniquement favorables Ă  Marine Le Pen.

Emmanuel Macron fera-t-il de nouvelles annonces au Pharo? Tout Ă  l’Ɠuvre d’un « enrichissement » de son projet, le prĂ©sident sortant est notamment attendu sur l’Ă©cologie, l’une des pierres angulaires du vote MĂ©lenchon qui a notamment largement sĂ©duit les jeunes dimanche dernier.

L’Ă©lectorat MĂ©lenchon rassemble des composantes distinctes, mais surtout les 18-24 ans attentifs au rĂ©chauffement climatique et aux « nouveaux combats culturels de la gauche », notamment le « fĂ©minisme » et l' »antiracisme », relĂšve une note publiĂ©e samedi de la Fondation Jean-JaurĂšs.

Pas question pour Marine Le Pen de laisser Ă  l’adversaire le monopole des mĂ©dias.
AprĂšs une tournĂ©e dans le sud qui lui est pour une bonne part acquis, la candidate RN a ajoutĂ© in extremis un dĂ©placement samedi Ă  Saint-RĂ©my-sur-Avre, dans l’Eure-et-Loir.

« On est lĂ  dans la pĂ©ri-urbanitĂ©, la ruralitĂ© qui sont des sujets importants de cette prĂ©sidentielle », a affirmĂ© Mme Le Pen Ă  des journalistes, juste en face du bar-tabac « le Maryland », rappelant au passage qu’elle avait gagnĂ© dimanche dans « 20.000 communes de France sur 34.000 ».

Entre les manifestations contre l’extrĂȘme droite et les multiples tribunes appelant Ă  voter Emmanuel Macron, « cette agitation brutale Ă  laquelle on assiste entre les deux tours » est « lĂ  encore assez peu respectueuse de la dĂ©mocratie », a ajoutĂ© Mme Le Pen. D’aprĂšs elle, le « systĂšme » que symbolise Ă  ses yeux Emmanuel Macron et ses soutiens « s’inquiĂšte, car il voit que le peuple a envie de reprendre le pouvoir ».

Pour Eric Michiels, un Ă©ducateur sportif de 67 ans venu du village voisin de Verneuil et qui soutient la candidate: « On n’est pas raciste (…) On veut dĂ©fendre nos petites mairies, nos Ă©glises, notre culture, notre mode de vie ».

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