🇧🇫 Le Burkina endeuillé par une attaque qui a fait 35 morts au moins

🇧🇫 Le Burkina endeuillé par une attaque qui a fait 35 morts au moins

Au moins 35 civils ont Ă©tĂ© tuĂ©s et 37 autres blessĂ©s lundi lors de l’explosion d’un engin artisanal au passage d’un convoi de ravitaillement dans le nord du Burkina Faso, une nouvelle attaque meurtrière dans ce pays rĂ©gulièrement endeuillĂ© par les violences jihadistes.

« Un des vĂ©hicules transportant des civils dans ledit convoi a explosĂ© au contact d’un engin explosif improvisĂ©. Le bilan provisoire Ă  17H00 (GMT et locales) fait Ă©tat de 35 morts et 37 blessĂ©s, tous civils », indique un communiquĂ© du gouverneur de la rĂ©gion du Sahel, le lieutenant-colonel Rodolphe Sorgho. Ces convois, escortĂ©s par l’armĂ©e, ravitaillent des villes du nord soumises Ă  un blocus de groupes jihadistes.

« Les Ă©lĂ©ments de l’escorte ont rapidement sĂ©curisĂ© le pĂ©rimètre et pris des mesures pour porter assistance aux victimes. Les blessĂ©s ont Ă©tĂ© pris en charge et les cas difficiles Ă©vacuĂ©s vers des structures appropriĂ©es », poursuit le communiquĂ© qui prĂ©cise que le convoi quittait le nord du pays pour aller vers la capitale Ouagadougou. « Le convoi de ravitaillement Ă©tait composĂ© de conducteurs civils et des commerçants », a affirmĂ© Ă  l’AFP une source sĂ©curitaire.

– « Commerçants et Ă©lèves » –

« Il y’avait plusieurs dizaines de vĂ©hicules dont des camions et des cars de transports en commun. Les victimes sont essentiellement des commerçants qui partaient s’approvisionner Ă  Ouagadougou et des Ă©lèves qui regagnaient la capitale pour la prochaine rentrĂ©e scolaire », a relatĂ© Ă  l’AFP un habitant de Djibo qui souhaite rester anonyme.

DĂ©but aoĂ»t, quinze soldats avaient Ă©tĂ© tuĂ©s sur ce mĂŞme axe Djibo-Bourzanga dans une double attaque Ă  l’engin explosif improvisĂ©. Ces dernières semaines des groupes jihadistes ont dĂ©truit Ă  la dynamite des lieux situĂ©s sur les axes principaux menant vers les deux grandes villes du nord du Burkina, Dori et Djibo, afin de tenter de les isoler.

Le Burkina Faso – en particulier le nord et l’est –  est confrontĂ© comme plusieurs de ses voisins Ă  la violence de mouvements armĂ©s affiliĂ©s Ă  Al-QaĂŻda et au groupe Etat islamique, qui y ont fait depuis 2015 des milliers de morts et quelque deux millions de dĂ©placĂ©s. Le 24 janvier dernier, des militaires ont pris le pouvoir dans un putsch assurant vouloir faire de la sĂ©curitĂ© leur prioritĂ©.

Dimanche soir, dans un discours Ă  la Nation prononcĂ© depuis la ville de Dori (nord-est), le prĂ©sident de la transition, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba avait saluĂ© une « relative accalmie » dans plusieurs localitĂ©s. Le gouvernement assure avoir intensifiĂ© les « actions offensives » de l’armĂ©e et a Ă©galement initiĂ© un processus de dialogue avec certains groupes armĂ©s, via des leaders religieux et coutumiers. Ce processus a permis selon M. Damiba Ă  « plusieurs dizaines de jeunes » de dĂ©poser les armes.

Les attaques restent toutefois nombreuses depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, Ă  l’image du massacre de Seytenga (nord) en juin dernier, oĂą 86 civils avaient Ă©tĂ© tuĂ©s. Depuis l’an dernier, le Burkina est devenu l’Ă©picentre des violences dans le Sahel, avec plus d’attaques meurtrières qu’au Mali ou au Niger en 2021, selon l’ONG Acled. Plus de 40% du territoire du Burkina est hors du contrĂ´le de l’Etat, selon des chiffres officiels.

AFP

error: Oups... contenu protégé ;)