À peine l’encre de l’accord de paix séchée, les armes parlent de nouveau. Quelques jours après une poignée de main historique à Washington entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame, le M23, appuyé par des milliers de soldats rwandais, a brisé la trêve en entrant mardi dans les faubourgs d’Uvira, ville stratégique du Sud-Kivu.
Par la Rédaction Uvira/Washington, le 9 décembre 2025
Le « miracle » diplomatique vanté par le président américain Donald Trump n’aura duré que quelques heures. Mardi soir, la guerre a rattrapé la diplomatie dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Une offensive éclair
Ignorant l’accord signé jeudi dernier, le M23 et ses alliés rwandais ont pénétré dans le quartier nord d’Uvira (Kavimvira). Cette avancée majeure intervient près d’un an après la prise de Goma et Bukavu. Selon des experts de l’ONU, les rebelles ne sont pas seuls : ils sont soutenus sur le terrain par 6 000 à 7 000 soldats rwandais. Face à cette puissance de feu, la ville a commencé à se vider de ses habitants, de ses policiers et de son administration avant même l’arrivée des assaillants.
Le désaveu de l’accord minier
Cette offensive met à mal le pacte économique scellé à Washington, qui promettait des minerais stratégiques à l’industrie américaine en échange de la paix. En relançant les hostilités le 1er décembre depuis Kamanyola, le M23 prouve que la réalité du terrain, riche en ressources et en tensions ethniques, échappe encore aux compromis signés dans les bureaux ovales.




