Une foule en colère a tué une femme accusée d’avoir tenu des propos jugés blasphématoires contre le prophète Mahomet, relançant le débat sur les violences liées au blasphème au Nigeria.
Une attaque collective à Kasuwan-Garba
Selon la police locale, l’incident s’est produit samedi dans la communauté de Kasuwan-Garba, dans le district de Mariga, au centre du Nigeria. La victime, identifiée comme Amaye, une vendeuse de nourriture originaire de l’État de Katsina, a été brûlée vive par une foule qui l’accusait d’avoir blasphémé contre le prophète de l’islam.
“Elle a été brûlée vive lors d’une attaque collective”, a déclaré Wasiu Abiodun, porte-parole de la police de l’État du Niger, dans un communiqué.
Condamnation des autorités
La police a dénoncé un acte de “justice populaire” et a assuré que des enquêtes sont en cours pour identifier et arrêter les responsables. “La population est exhortée à rester calme”, a ajouté le porte-parole.
Le poids de la charia au Nigeria
Le blasphème est un sujet particulièrement sensible au Nigeria. Dans douze États du nord majoritairement musulmans, la charia islamique s’applique parallèlement au droit commun et prévoit la peine de mort pour blasphème. Toutefois, de nombreux accusés sont exécutés par des foules avant même d’être jugés.
Un climat de tensions religieuses
Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique avec 220 millions d’habitants, est presque également partagé entre musulmans et chrétiens. Les tensions confessionnelles y sont récurrentes, et les accusations de blasphème déclenchent régulièrement des vagues de violence. Les deux communautés, musulmane et chrétienne, ont déjà été victimes de ce type de représailles collectives.




