Lâaffaire dite de lâavion prĂ©sidentiel prend de lâampleur au Mali ; l’ancien directeur de cabinet de lâex-prĂ©sident Ibrahim Boubacar KeĂŻta a Ă©tĂ© placĂ© sous mandat de dĂ©pĂŽt. AprĂšs l’ex-Premier ministre Soumeylou BoubĂšye MaĂŻga, ministre de la DĂ©fense au moment des faits, aprĂšs l’ex-ministre de l’Ăconomie et des Finances BouarĂ© Fily Sissoko, tous deux Ă©galement placĂ©s sous mandat de dĂ©pĂŽt dans cette affaire fin aoĂ»t, câest donc au tour de Mahamadou Camara de passer par la case prison. « Sâil y avait une main invisible qui lui avait permis de recouvrer la libertĂ©, aujourdâhui la donne a changĂ©, lance Malijet, et Camara sĂ©journe Ă la Maison Centrale dâArrĂȘt de Bamako ».
Au Burkina Faso voisin, Wakat Sera salue « la traque des hommes en kaki contre la corruption et lâimpunitĂ© », traque dont ce journal attribue la paternitĂ© au chef de la junte malienne Assimi GoĂŻta. Câest « la bombe « GoĂŻta » », formule Wakat Sera, elle est lancĂ©e contre ces anciens « hommes forts » qui seront poursuivis « au mĂȘme titre que les voleurs dâĂąne ou de sac de riz ». Attention toutefois Ă ce que ces poursuites judiciaires ne soient pas « une hargne de simples populistes qui tiennent lâopportunitĂ© de mettre hors dâĂ©tat de nuire des adversaires politiques », met en garde ce journal burkinabĂš.
Son confrĂšre local Le Pays nâĂ©crit guĂšre autre chose, qui se demande sâil sâagit « dâacte dâassainissement ou dâacte de diversion ». Car pour Le Pays, « il est difficile de donner le bon Dieu sans confession au colonel GoĂŻta et ses frĂšres dâarmes (âŠ) spĂ©cialistes en camouflage ».
Bictogo, la chute
En CĂŽte dâIvoire, Alassane Ouattara intervient dans la crise qui secoue le RHDP. Le prĂ©sident ivoirien reprend en main sa formation politique. RĂ©sultat : la chute du directeur exĂ©cutif du RHDP Adama Bictogo.
Comme annoncĂ© par Africa Intelligence, le chef de lâĂtat ivoirien, qui est aussi prĂ©sident du RHDP, crĂ©e un « comitĂ© de restructuration » dirigĂ© par trois de ses « fidĂšles » : Gilbert Kafana KonĂ©, qui le prĂ©sidera, et Ali Coulibaly et Ibrahim CissĂ© Bacongo qui lâassisteront. Une nouvelle structure « qui acte la mise Ă lâĂ©cart de Bictogo », Ă©nonce Africa Intelligence.
Mais si, sur une photo tout sourire dâAlassane Ouattara, « la Une » du journal Le Patriote, qui lui est proche, Ă©voque ce matin « un RHDP fort dans une CĂŽte dâIvoire prospĂšre », les autres titres de la presse ivoirienne sont dâun tout autre tonneau.
Ainsi, le journal indĂ©pendant Soir Info se demande-t-il si Adama Bictogo nâĂ©tait pas devenu « un boulet » pour Alassane Ouattara. Selon ce quotidien, le prĂ©sident ivoirien veut « mettre de lâordre au RHDP ».
« Adama Bictogo renvoyĂ© ! », enchĂ©rit le quotidien Le Nouveau RĂ©veil. Proche du PDCI, ce journal consacre mĂȘme davantage de surface de « sa Une » Ă cette crise au sein du RHDP quâau retour Ă Abidjan, hier, de la dĂ©pouille mortelle de lâancien Premier ministre Charles Konan Banny !
La chute dâAdama Bictogo ? Câest « une histoire de tabouret », rĂ©sume le journal Aujourdâhui. Proche de lâex-prĂ©sident Laurent Gbagbo, ce quotidien qualifie en effet le dĂ©sormais ex-directeur exĂ©cutif du RHDP « dâarracheur de tabouret ».
Vingt-mille lieues sous les sables
La crise des sous-marins australiens, enfin, et la brouille qui sâen est suivie entre la France et les Etats-Unis. Elle aura eu une consĂ©quence inattendue sur la situation sĂ©curitaire dans le Sahel. Câest en effet ce que fait avec ironie remarquer LâObservateur Paalga.
Constatant que la crise diplomatique entre Paris et Washington est en passe dâĂȘtre rĂ©glĂ©e, ce quotidien ouagalais sâamuse. « Le Coq avait fait le paon. Il se dĂ©gonfle comme une baudruche, formule-t-il dans un style fleuri. Tant mieux si la tragĂ©die de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bĆuf est Ă©vitĂ©e ». Et, dĂ©veloppement inattendu dans cette crise des sous-marins australiens, les Ătats-Unis « sâengagent Ă renforcer leur appui aux opĂ©rations antiterroristes » conduites par les EuropĂ©ens dans la rĂ©gion du Sahel, complĂšte LâObservateur Paalga. « Une bonne nouvelle pour cette rĂ©gion pour laquelle « lâheureuse faute » australienne vaut une telle dĂ©claration dâintention amĂ©ricaine ! (âŠ) Par la magie de la diplomatie et des relations gĂ©ostratĂ©giques, voilĂ que de lâocĂ©an Pacifique, les sous-marins australiens font surface dans le sable du Sahara ! », moque encore le journal.Â
PressAfrik




