Des tirs nourris ont été entendus mercredi 26 novembre 2025 en milieu de journée près du palais présidentiel de Guinée-Bissau, à Bissau, ont constaté des journalistes de l’AFP et de Reuters sur place. Cette explosion de violence survient au lendemain des élections présidentielle et législatives du 23 novembre, dont les résultats provisoires sont contestés par l’opposition, qui dénonce des fraudes massives. Des passants ont fui pour se mettre à l’abri, et des véhicules militaires ont été vus patrouillant les rues, tandis que la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) appelle au calme pour éviter un nouveau coup d’État dans ce pays coutumier des putschs.
●||● À l’instant : Guinée-Bissau : coup d’État militaire en cours à Bissau, le président Umaro Sissoco Embaló arrêté dans son bureau
Des coups de feu près du palais et de la commission électorale
Les tirs, intermittents mais soutenus, ont débuté vers 13h locales (12h GMT) dans le quartier du palais présidentiel, où le président Umaro Sissoco Embaló présidait une réunion de crise. Selon des témoins oculaires cités par Reuters et France 24, des rafales d’armes automatiques ont retenti près du palais et du siège de la Commission électorale nationale (CNE), à environ deux kilomètres. Des habitants ont décrit une panique générale : « Les gens couraient partout, les écoles ont fermé et les marchés ont été désertés », témoigne un commerçant local.
Aucun bilan officiel n’a été communiqué, mais des sources sécuritaires évoquent des échanges de tirs entre factions de la Garde présidentielle et des unités loyales à l’opposition. La CNE, ciblée par des tirs sporadiques, a suspendu temporairement ses opérations de dépouillement, alors que les résultats provisoires donnaient Embaló en tête avec 52 % des voix face à Domingos Simões Pereira (PAIGC, 48 %), un score contesté par l’opposition qui réclame un recomptage total.
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Un scrutin sous haute tension dans un pays à l’histoire de coups d’État
Dimanche 23 novembre, les 1,8 million d’électeurs guinéens ont voté dans un climat tendu, marqué par l’exclusion controversée du principal opposant, Domingos Simões Pereira, invalidée par la Cour suprême pour « irrégularités administratives ». Embaló, au pouvoir depuis un coup d’État en 2022, brigue un second mandat malgré des accusations de corruption et de manipulation judiciaire. La CEDEAO, qui avait menacé de sanctions en cas de fraudes, a réitéré son appel à la retenue : « Nous suivons la situation avec préoccupation et exhortons toutes les parties à respecter le processus démocratique. »
La Guinée-Bissau, pays lusophone d’Afrique de l’Ouest de 2 millions d’habitants, est coutumière des troubles : au moins 10 coups d’État ou tentatives depuis l’indépendance en 1974, le dernier en février 2022 ayant porté Embaló au pouvoir. L’économie, dépendante de la noix de cajou et du trafic de drogue, reste fragile, avec une pauvreté touchant 70 % de la population.
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Perspectives : un recomptage sous haute sécurité et des craintes de dérapage
La CNE a promis de finaliser le dépouillement sous 72 heures, avec un recomptage partiel supervisé par des observateurs de l’Union africaine. Embaló, qui a condamné les « actes déstabilisateurs », a renforcé la sécurité autour du palais avec des troupes de la CEDEAO (mission BSS). L’opposition, soutenue par le PAIGC, menace de boycotter les résultats et d’organiser des manifestations massives dès jeudi.
Les Nations unies et l’UE appellent à la vigilance, craignant un scénario à la malien (coup d’État en 2020). Pour l’instant, Bissau reste sous tension, avec des rues désertées et des écoles fermées, alors que les résultats définitifs sont attendus d’ici vendredi.
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