La rhétorique anti-immigration de la Maison-Blanche a franchi un nouveau cap de violence verbale ce mardi. Lors d’une réunion de cabinet, le président Donald Trump s’est livré à une diatribe virulente contre la Somalie et ses ressortissants, ciblant personnellement la représentante démocrate Ilhan Omar.
Le ton monte encore à Washington. Alors que l’administration américaine durcit sa politique migratoire suite à l’attaque du 26 novembre impliquant un ressortissant afghan, la colère présidentielle s’est déportée vers la communauté somalienne.
Lors d’une réunion de son gouvernement ce mardi 2 décembre, Donald Trump n’a pas retenu ses coups contre ce pays de la Corne de l’Afrique.
« Leur pays ne vaut rien […]. Leur pays est pourri, et nous ne voulons pas d’eux chez nous », a martelé le président, ajoutant que les États-Unis feraient « le mauvais choix s’ils continuent à accueillir des déchets ».
Selon lui, les Américains d’origine somalienne « ne contribuent en rien » à la prospérité des États-Unis, une déclaration qui ignore l’intégration de cette communauté, particulièrement dans le Minnesota.
Le duel avec Ilhan Omar
Cette attaque généralisée a rapidement pris une tournure personnelle contre sa bête noire politique : Ilhan Omar. Arrivée enfant aux États-Unis et devenue une figure du Parti démocrate dans le Minnesota, elle incarne tout ce que l’administration Trump combat.
« Ilhan Omar est une ordure. Ses amis sont des ordures. Qu’ils retournent d’où ils viennent et qu’ils règlent leurs problèmes », a lancé Donald Trump.
La réponse de l’élue sur le réseau social X a été immédiate : « Son obsession pour moi est effrayante. J’espère qu’il va pouvoir recevoir l’aide [psychologique] dont il a désespérément besoin. »
Le Minnesota sous pression de l’ICE
Le Minnesota, terre d’accueil de plus de 13 000 réfugiés somaliens entre 2005 et 2018, est désormais dans le viseur des autorités fédérales. La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a recommandé une « interdiction d’entrée totale » pour les ressortissants de ces pays qu’elle qualifie de « sangsues » et d’« accros aux aides sociales ».
Des opérations de la police de l’immigration (ICE) sont prévues dans les villes de Minneapolis et Saint Paul. Les maires démocrates de ces deux villes, dont Jacob Frey, ont promis de résister, affirmant qu’ils ne « transigeront pas sur leurs valeurs ».
Bombardements en Somalie : une stratégie floue
En parallèle de cette offensive politique intérieure, l’administration Trump a intensifié les frappes militaires sur le sol somalien. Les cibles sont les djihadistes de l’État islamique (dans les Monts Golis) et les shebabs.
Cependant, les experts s’interrogent sur la finalité de ces bombardements. Si l’objectif officiel est la lutte antiterroriste, l’efficacité pour mettre fin à la guerre civile est contestée, certains analystes craignant même une exacerbation des tensions due aux victimes civiles. Ce dossier divise d’ailleurs les conseillers de la Maison-Blanche sur l’opportunité de maintenir cet engagement militaire.




