La junte burkinabè a annoncé l’arrestation de huit membres de l’ONG INSO, dont trois ressortissants européens, soupçonnés d’avoir collecté des informations sensibles au profit de puissances étrangères.
Les autorités du Burkina Faso ont affirmé mardi avoir arrêté huit membres de l’ONG INSO (International NGO Safety Organisation), spécialisée dans la sécurité humanitaire. Parmi eux figurent un Français, une Franco-sénégalaise et un Tchèque, ainsi que cinq Africains — un Malien et quatre Burkinabè —, selon les déclarations du ministre de la Sécurité Mahamadou Sana.
Des accusations d’espionnage
La junte au pouvoir reproche aux personnes interpellées des faits “d’espionnage et de trahison”.
“INSO est une ONG étrangère dirigée par des étrangers, qui collectait et fournissait des informations sécuritaires sensibles pouvant être préjudiciables à la sécurité nationale et aux intérêts du Burkina Faso, à des puissances étrangères”, a accusé le ministre Sana dans un communiqué lu à la télévision nationale.
Les autorités affirment que, malgré la suspension des activités de l’ONG le 31 juillet pour “collecte de données à caractère sensible sans autorisation préalable”, certains de ses responsables auraient poursuivi clandestinement leurs activités, notamment via des réunions physiques et en ligne.
Des responsables étrangers impliqués
Le directeur pays de l’ONG, arrêté dès la fin juillet, figure parmi les détenus. Il est rejoint par son adjointe, le directeur général adjoint de l’organisation basée à La Haye (Pays-Bas), ainsi que plusieurs collaborateurs locaux.
Selon le ministre, le haut responsable de l’ONG s’est rendu à Ouagadougou le 8 septembre, en dépit de la suspension officielle des activités de l’organisation.
Une junte en rupture avec l’Occident
Sous la direction du capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir depuis près de trois ans, le Burkina Faso a rompu avec plusieurs partenaires occidentaux, notamment la France, qu’il accuse régulièrement d’“ingérence” et de “dé destabilisation”.
Les relations entre Ouagadougou et les pays européens se sont nettement détériorées dans un contexte de recentrage diplomatique vers la Russie et les alliés du Sahel, alors que le pays est confronté à une violence djihadiste persistante dans de vastes régions du territoire.
L’ONG INSO, présente dans plusieurs zones de conflit, fournit habituellement des analyses sécuritaires à destination d’autres organisations humanitaires pour les aider à opérer dans des environnements instables. Ses représentants n’ont, pour l’heure, pas réagi publiquement à ces accusations.




