La situation est trĂšs confuse, ce mardi 1er fĂ©vrier 2022, Ă Bissau. Des tirs ont Ă©tĂ© signalĂ©s dans le centre-ville prĂšs des institutions du pays. Des dĂ©tonations qui ont provoquĂ© un dĂ©but de panique. La CĂ©dĂ©ao condamne une «âtentative de coup dâĂtat.â».Â
Des tirs dâarmes automatiques se sont fait entendre en dĂ©but dâaprĂšs-midi autour du palais du gouvernement, en plein Conseil des ministres extraordinaire. Il rĂ©unissait le prĂ©sident de la RĂ©publique, Umaro Sissoco Embalo, le Premier ministre Nuno Gomes Nabiam et le reste du gouvernement. La sĂ©ance a Ă©tĂ© interrompue.
Depuis que la nouvelle sâest rĂ©pandue, câest la dĂ©bandade dans le centre-ville. Les Ă©coles sont fermĂ©es et les enfants sont rentrĂ©s chez eux.
C’Ă©tait la panique gĂ©nĂ©rale en ville. […] Tout le monde est rentrĂ©.
Beaucoup de mouvements de militaires ont Ă©tĂ© constatĂ©s dans la capitale bissau-guinĂ©enne. Des cordons armĂ©s ont Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©s autour de certains bĂątiments officiels. Pour lâinstant, on ne connaĂźt pas les intentions des assaillants ni le sort du prĂ©sident Embalo.
Lâagence de presse portugaise Lusa fait Ă©tat dâau moins quatre blessĂ©s dont un en Ă©tat grave, citant une source de lâHĂŽpital SimĂŁo Mendes, Ă Bissau.
La CĂ©dĂ©ao condamne une «âtentative de coup dâĂtatâ»
Dans un communiquĂ© publiĂ© quelques heures aprĂšs les tirs de feu, la CommunautĂ© Ă©conomique des Ătats de lâAfrique de lâOuest « condamne cette tentative de coup dâĂtat et tient les militaires responsables de lâintĂ©gritĂ© physique du prĂ©sident Umaro Sissoco Embalo et des membres de son gouvernementâ».
Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de lâONU Antonio Guterres appelle Ă la « fin immĂ©diate » des « combats violents » Ă Bissau et au « plein respect des institutions dĂ©mocratiques du pays », indique le communiquĂ©.
Condamnation Ă©galement du gouvernement portugais : « Nous condamnons lâattaque contre le palais du gouvernement Ă Bissau et nous appelons Ă la fin immĂ©diate de cette action violente contre le prĂ©sident et le gouvernement de GuinĂ©e-Bissau. Lâordre constitutionnel doit ĂȘtre respectĂ© par tous », Ă©crit le ministĂšre portugais des Affaires Ă©trangĂšres dans un Tweet.Â
Des événements qui interviennent aprÚs un remaniement
Ces incidents interviennent quelques jours aprĂšs un remaniement gouvernemental dĂ©cidĂ© par le prĂ©sident de la RĂ©publique Umaro Sissoco EmbalĂł, qui a Ă©tĂ© contestĂ© dans un premier temps par le parti du Premier ministre Nuno Gomes Nabiam. Par la suite, le chef de lâexĂ©cutif a toutefois dĂ©clarĂ© quâil Ă©tait dâaccord avec le remaniement.
Les rapports entre le prĂ©sident de la RĂ©publique et lâexĂ©cutif ont Ă©tĂ© marquĂ©s ces derniers mois par un climat de tension qui sâest aggravĂ© avec lâaffaire de lâavion Airbus A340 qui avait atterri Ă Bissau en octobre dernier en provenance de Gambie avec lâautorisation de la prĂ©sidence.
Parmi les personnes qui ont quittĂ© rĂ©cemment lâexĂ©cutif, lâex-secrĂ©taire dâĂtat de lâOrdre public Alfredo Malu, qui avait affirmĂ© ces derniers jours que son Ă©loignement de lâexĂ©cutif Ă©tait en lien avec lâaffaire du mystĂ©rieux avion, tout en soulignant quâil sâĂ©tait limitĂ© Ă appliquer les ordres du Premier ministre en mettant Ă disposition des agents de la police pour accompagner des experts nord-amĂ©ricains qui ont inspectĂ© lâavion.
Concernant lâavion Airbus A340, le Premier ministre Nuno Gomes Nabiam, avait commencĂ© par dĂ©clarer quâil aurait atterri Ă Bissau de maniĂšre illĂ©gale, avec Ă son bord un chargement suspect. Mais quelques jours aprĂšs, devant les parlementaires, il avait indiquĂ© quâune expertise quâil avait diligentĂ©e avait conclu quâil nâen Ă©tait rien, sans donner plus dâexplications.Â
RFI




