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Afrique

đŸ‡©đŸ‡żđŸ‡ČđŸ‡± Crise entre l’AlgĂ©rie et le Mali : l’affaire du drone fait monter les tensions

08/04/2025 3 min de lecture
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Depuis la destruction d’un drone malien par l’AlgĂ©rie, dans la nuit du 31 mars au 1er avril Ă  TinzaouatĂšne, Ă  la frontiĂšre entre les deux pays, les relations diplomatiques se sont fortement tendues entre Alger et Bamako. Lundi 7 avril, l’AlgĂ©rie a rĂ©pliquĂ© aux accusations du Mali et de ses alliĂ©s de l’Alliance des États du Sahel (AES), les qualifiant de « mensongĂšres » et dĂ©nonçant l’échec du rĂ©gime putschiste malien.

Données techniques en opposition

L’AlgĂ©rie assure que le drone a violĂ© son espace aĂ©rien sur une distance de 1,6 km, Ă  minuit huit minutes, avant de revenir sur une trajectoire jugĂ©e offensive, ce qui justifierait son abattage. Alger affirme Ă©galement qu’il s’agirait de la troisiĂšme incursion d’un drone malien aprĂšs celles des 27 aoĂ»t et 29 dĂ©cembre 2024.

Bamako, de son cĂŽtĂ©, rejette fermement ces allĂ©gations et affirme disposer de donnĂ©es enregistrĂ©es prouvant que l’appareil n’a jamais quittĂ© son territoire. Aucune des deux parties n’a cependant publiĂ© ces donnĂ©es, plongeant les observateurs dans l’incertitude.

Fermetures rĂ©ciproques de l’espace aĂ©rien

L’escalade a franchi un nouveau palier avec la fermeture rĂ©ciproque de l’espace aĂ©rien entre les deux pays :

  • L’AlgĂ©rie a fermĂ© son espace Ă  tous les appareils en provenance ou Ă  destination du Mali, y compris civils.
  • Le Mali a rĂ©pondu en interdisant Ă  son tour l’accĂšs Ă  son ciel aux aĂ©ronefs algĂ©riens, civils et militaires.

L’AlgĂ©rie a nĂ©anmoins Ă©pargnĂ© de cette mesure les alliĂ©s du Mali, le Niger et le Burkina Faso, tout en dĂ©nonçant leur « alignement inconsidĂ©rĂ© » sur la position malienne.

Rappel d’ambassadeurs et crise diplomatique

Dans la foulĂ©e, Alger a rappelĂ© ses ambassadeurs au Mali et au Niger pour consultation, et a reportĂ© la prise de fonction de son nouvel ambassadeur au Burkina Faso. De leur cĂŽtĂ©, les pays de l’AES avaient dĂ©jĂ  rappelĂ© les leurs en poste en AlgĂ©rie.

Le Mali est allĂ© plus loin en convoquant l’ambassadeur algĂ©rien Ă  Bamako, en annonçant son retrait du Cemoc – un comitĂ© sĂ©curitaire jugĂ© peu opĂ©rationnel – et en menaçant de porter plainte devant les instances internationales pour actes d’agression.

Une intensité verbale, mais pas militaire

Si les Ă©changes verbaux sont particuliĂšrement virulents, aucun signe d’escalade militaire ne se profile Ă  ce stade. Les experts s’accordent Ă  dire que les deux parties, bien que sur des lignes dures, retiennent leurs coups sur le plan diplomatique.

La supĂ©rioritĂ© militaire supposĂ©e de l’AlgĂ©rie et le partenariat avec la Russie, commun aux deux pays, sont perçus comme des Ă©lĂ©ments modĂ©rateurs dans cette crise inĂ©dite.

Vers d’autres reprĂ©sailles diplomatiques ?

Certains observateurs estiment que le Mali pourrait encore durcir le ton, par exemple en reconnaissant la souverainetĂ© du Maroc sur le Sahara occidental ou en rompant totalement les liens diplomatiques avec l’AlgĂ©rie. Pour l’heure, les deux États campent sur leurs positions, et la crise semble loin d’ĂȘtre rĂ©solue.

Comme le prévient un chercheur sahélien :

« Le feuilleton n’est pas terminĂ©. »

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