🇸🇳 Le prix Goncourt 2021 a été décerné mercredi à Paris à l’écrivain Sénégalais Mohamed Mbougar SARR

🇸🇳 Le prix Goncourt 2021 a été décerné mercredi à Paris à l’écrivain Sénégalais Mohamed Mbougar SARR

Le prix Goncourt 2021 a été décerné mercredi à Paris à l’écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, pour « La plus secrète mémoire des hommes ». Les jurés de la prestigieuse récompense littéraire ont opté pour le renouveau plutôt que pour des auteurs reconnus.

Désigné comme favori par les journalistes littéraires qu’avait interrogés la revue Livres Hebdo, le Sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, 31 ans, a donc effectivement séduit les jurés du Goncourt avec « La plus secrète mémoire des hommes » (éditions Philippe Rey), roman qui s’inspire du destin maudit de l’écrivain malien Yambo Oulologuem.

Mohamed Mbougar Sarr est le premier écrivain d’Afrique subsaharienne à être consacré par le plus prestigieux des prix littéraires. Il a obtenu 6 voix au premier tour, a annoncé Philippe Claudel, secrétaire général du Goncourt.

Quatre auteurs étaient finalistes du Goncourt, qui récompense depuis 1903 « le meilleur ouvrage d’imagination en prose, paru dans l’année » et écrit par un auteur d’expression française. Ce Goncourt est remis, comme le veut la tradition, à l’heure du repas de midi au restaurant Drouant, dans le quartier de l’Opéra, à Paris.

Le roman « Milwaukee Blues » (éditions Sabine Wespieser) du Haïtien Louis-Philippe Dalembert semblait partir de plus loin.

Christine Angot était également en lice avec « Le Voyage dans l’Est » (Flammarion), récit percutant de l’inceste dont elle a été victime. Mais ses chances étaient compromises par le prix Médicis qu’elle vient tout juste de décrocher.

Enfin, Sorj Chalandon concourrait avec « Enfant de salaud » (Grasset), où il évoque les années sombres de son père sous l’Occupation allemande. Les deux romans sont considérés parmi les meilleurs de leurs auteurs respectifs.

Des Davids et des Goliaths de l’édition

Ce Goncourt 2021 représentait une confrontation entre deux éditeurs puissants, habitués aux récompenses, Grasset (groupe Hachette) et Flammarion (groupe Madrigall), et deux petits indépendants, novices dans ce domaine.

Louis-Philippe Dalembert et Mohamed Mbougar Sarr ont pour point commun d’être défendus par une maison qui porte le nom de celui ou celle qui l’a fondée et la dirige encore.

Pour ce type de maison, rivaliser avec les grands du secteur, « c’est extrêmement important à la fois sur le plan symbolique, et sur le plan économique », a dit l’éditrice Sabine Wespieser sur la chaîne de télévision France 24 vendredi dernier. « J’ai un imprimeur qui est prêt à appuyer sur le bouton à 12h45 le mercredi 3 novembre, pour rouler 200’000 exemplaires ».

afp/oang